La coccinelle à sept points

La coccinelle à sept points est sans conteste la plus connue parmi les nombreuses espèces de coccinelles. Depuis notre enfance elle a le don pour éveiller notre curiosité avec sa couleur vive, sa forme innocente et sa témérité lorsque nous la faisons courir sur nos mains. Plus tard, quand nous expérimentons le jardinage nous découvrons qu’elle est bien utile pour réguler les pucerons et quelques autres ravageurs du jardin. Mais la connaissons-nous vraiment ? Je vous propose dans cet article d’en découvrir un peu plus sur l’auxiliaire emblématique des jardiniers !

Découvrez aussi d’autres espèces de coccinelles à observer dans votre jardin.

Description de la coccinelle à sept points

L’adulte de la coccinelle à 7 points mesure de 6 à 8 mm de long, le mâle étant plus petit que la femelle. Elle a des élytres rouges qui portent 3 points noirs chacun, le dernier point, quasiment en forme de cœur, se trouve à cheval sur les deux élytres. Son pronotum est noir avec deux taches blanches, imitant des yeux. Nous pouvons estimer son âge, non pas en fonction du nombre de points, mais selon l’intensité de sa couleur rouge : la jeune adulte est jaune orange et vire rapidement au rouge clair. La coccinelle âgée est rouge sombre, c’est celle-ci que nous pouvons voir au début du printemps. La durée de vie d’une coccinelle adulte est environ d’un an.

Sous ses élytres se trouvent deux ailes qui lui permettent de se déplacer dans les airs sur de grandes distances et en altitude. Le reste de son corps se compose de six petites pattes, le thorax, l’abdomen, et la tête qui porte deux courtes antennes.

Son nom scientifique, Coccinella septempunctata, évoque ses couleurs et son nombre de points. Le genre vient du latin coccinus qui signifie écarlate ; l’espèce, septempunctata signifie 7 points.

De la dissuasion

La couleur rouge n’est pas anodine, il s’agit pour la coccinelle à 7 points d’avertir ses prédateurs qu’elle est toxique. Cette stratégie de défense, courante dans la nature, s’appelle l’aposématisme. Effectivement, même si elle est experte dans la prédation de pucerons, la coccinelle se nourrit uniquement de proies molles. Ce qui réduit fortement ses chances de survie face à certains prédateurs comme les araignées thomises, mantes religieuses, certaines punaises, oiseaux etc. Alors, lorsqu’elle se sent en danger, elle sécrète par l’articulation des pattes une substance jaune et amère : il s’agit d’un alcaloïde toxique et peu appétant pour ses prédateurs.

Reconnaître la larve de la coccinelle à 7 points

La larve de Coccinella septempunctata est de couleur gris-bleu, tachetée de jaune-orangé avec des tubercules qui portent de petites épines. Nous pouvons observer une grande tache orange sur le premier segment du thorax, laquelle est plus ou moins segmentée en quatre parties. Puis elle a deux taches orange sur le premier segment de l’abdomen et deux autres sur le quatrième segment.

Larve de coccinelle à sept points

Larve de coccinelle à sept points – © Row Lowry

Son cycle de vie

Sous notre climat (France métropolitaine) il y a une ou deux générations par an :

  • En cas de génération unique : la période de reproduction a lieu au printemps. Les femelles pondent en mai et les nouveaux adultes arrivent en juillet, lesquels rentrent en estivation. Il ressortent de leur diapause à la fin de l’été puis se nourrissent de proies avant de rentrer en diapause hivernale.
  • Dans le cas des deux générations successives : la période de reproduction a également lieu au printemps. Les femelles pondent plusieurs mois, de mai à juillet. Les pontes les plus précoces donnent des nouveaux adultes dès le mois de juillet, lesquels s’accouplent immédiatement et pondent en été. Les adultes de cette seconde génération arrivent en automne et s’abritent en groupes pour l’hivernation.

Dès la fin de la diapause hivernale, le mâle et la femelle s’accouplent. Les plantes hébergeant leurs proies peuvent être le lieu de rencontre. Après l’accouplement, la femelle repère des colonies de pucerons et dispose ses œufs, généralement groupés par vingtaine, sous les feuilles et tiges à proximité, voire parmi les pucerons. Dès leur naissance, les larves de coccinelles n’auront plus qu’à se servir de leur nourriture favorite mise à disposition. Chaque femelle pond environ 400 œufs et le sexe ratio à la naissance est de 50/50, il y a autant de mâles que de femelles.

De l’œuf à l’adulte

Les œufs sont allongés, ovales, 1,5 à 2 mm de long, de couleur jaune-orange, virant au gris juste avant l’éclosion. L’incubation est assez rapide, de 2 à 7 jours avant l’éclosion.

Les jeunes larves, aveugles, recherchent de la nourriture dans leur environnement très proche. Elles commencent par manger l’enveloppe de leur œuf et s’attaquent aux autres œufs s’ils n’ont pas éclos. Elles se nourrissent ensuite de pucerons ou d’autres insectes phytophages. La larve effectue quatre stades larvaires, soit trois mues. Elles grandissent au fur et à mesure de leur stade larvaire et atteignent environ un centimètre au dernier stade. Le stade larvaire dure environ 4 semaines et chaque larve se nourrit d’environ 600 pucerons chacune.

Une fois que les larves de dernier stade ont suffisamment dévoré de proies, elles se fixent sur une tige ou au revers d’une feuille puis se métamorphosent. Elles forment alors une nymphe de 5 à 7 mm, immobile, de couleur jaune et noire. Il va falloir attendre une semaine pour que de cette nymphe sorte l’imago, c’est-à-dire la coccinelle adulte.

 

Habitat et régime alimentaire

Le milieu de vie de la coccinelle à 7 points est très vaste, elle est présente dans toute l’Europe, Afrique du Nord et en Asie, aussi bien à proximité du littoral qu’en montagne. Elle a aussi été introduite aux États-Unis dans les années 1950 en tant qu’acteur de lutte biologique. Nous la trouvons dans les jardins, les prés, les forêts, les champs cultivés et elle préfère évoluer au niveau de la végétation basse.

C’est une coccinelle prédatrice du groupe des aphidiphages (qui se nourrit de pucerons), nourriture qui représente plus de la moitié de ce qu’elle consomme au cours de sa vie. Toutefois elle est polyphage et mange aussi des cochenilles, acariens, cicadelles, psylles, œufs et larves et petits insectes. Ainsi que du miellat, du pollen et nectar, des débris végétaux et des spores de champignons.

Une larve de Coccinella septempunctata se nourrissant d'un puceron

Une larve de Coccinella septempunctata se nourrissant d’un puceron

Menace de la coccinelle asiatique

La forme invasive de la coccinelle asiatique est arrivée en France en 2003. Depuis lors elle représente une menace pour les coccinelles autochtones dont la coccinelle à sept points.

La coccinelle asiatique entre à la fois en compétition pour la nourriture (les pucerons), mais aussi prédate les œufs et larves de la coccinelle à sept points et des autres espèces autochtones.

La coccinelle à sept points, comme les autres espèces indigènes pourraient à leur tour manger les œufs et jeunes larves de la coccinelle asiatique. Or cette dernière héberge un champignon parasite, létal pour les coccinelles autochtones.

La coccinelle à 7 points au potager

Nous l’avons vu, la coccinelle à sept points vient d’elle-même dans les jardins lorsqu’elle trouve des colonies de pucerons. Étant donné qu’elle préfère les strates basses, que les pucerons se développent sur de nombreuses plantes potagères, il est normal que nous la trouvions au potager.

Cependant, suite à un hiver rude et humide, les coccinelles survivantes peuvent être peu nombreuses. Bien qu’elles repèrent d’elles-mêmes les colonies de pucerons, le jardinier attentif peut s’amuser à déplacer quelques coccinelles dans les plantes attaquées. Attention toutefois de vérifier que des fourmis ne s’y trouvent pas déjà.

En effet les fourmis chassent certaines coccinelles des colonies de pucerons myrmécophiles, lesquels sont exploités pour la production de miellat. La coccinelle à sept points fait partie des espèces chassées, contrairement à la coccinelle magnifique, le sosie de C. septempunctata, mais tolérée par les fourmis.

Autres pages à lire

Comment reconnaitre la coccinelle asiatique ou arlequin