
Les courgettes peuvent rencontrer différents problèmes au cours de la saison : maladies du feuillage, ravageurs, fruits qui pourrissent et autres problèmes de culture liés au froid ou à d’autres aléas climatiques. Si certains symptômes sont très typiques, comme les jeunes plants dévorés par les limaces ou les escargots, d’autres peuvent être plus complexes à identifier, comme les taches blanches de l’oïdium, qu’il ne faut pas confondre avec les macules physiologiques ou l’argenture des courges.
Pour réagir correctement, il faut d’abord reconnaître les symptômes et les associer au bon diagnostic. Cette page aide à reconnaître les principales maladies des courgettes et à les distinguer d’autres problèmes fréquents au potager.
Retrouvez également le guide complet sur la culture de la courgette au potager bio.
Tableau de diagnostic rapide des problèmes de courgettes
| Symptôme observé | Cause probable | Comment vérifier ? | Que faire en premier ? |
|---|---|---|---|
| Dépôt blanc poudreux sur les feuilles | Oïdium | Le feutrage blanc apparaît en surface puis s’étend progressivement sur les feuilles et les pétioles | Retirer les feuilles très atteintes, améliorer l’aération et consulter les mesures spécifiques contre l’oïdium |
| Marques blanches ou argentées intégrées au feuillage | Macules physiologiques | Les zones claires suivent souvent les nervures, ne forment pas de poudre et restent stables | Ne pas traiter : cet aspect est normal chez certaines variétés |
| Feuilles prenant progressivement un aspect argenté | Argenture provoquée par des aleurodes | La décoloration commence autour des nervures et des aleurodes peuvent être présentes au revers des feuilles | Examiner le dessous des feuilles, limiter les aleurodes et surveiller les nouvelles pousses |
| Jeunes feuilles trouées ou plantules dévorées | Limaces ou escargots | Les dégâts apparaissent surtout pendant la nuit, parfois avec des traces de mucus à proximité | Inspecter le potager le soir, retirer les individus présents et protéger les jeunes plants |
| Petites courgettes qui jaunissent puis cessent de grossir | Pollinisation insuffisante ou mauvaises conditions climatiques | Le jeune fruit commence à se développer, puis jaunit et avorte sans présenter initialement de moisissure | Favoriser la présence des pollinisateurs, ouvrir les abris, envisager une pollinisation manuelle, favoriser ou protéger de la chaleur et du vent |
| Fruits déformés accompagnés de feuilles marbrées ou crispées | Virose possible | Le feuillage présente des mosaïques, des boursouflures ou des déformations et la croissance générale du plant est perturbée | Isoler le plant suspect, surveiller les pucerons et éviter de manipuler ensuite les plants sains |
| Jeunes feuilles recroquevillées avec présence de petits insectes | Pucerons | Les colonies se trouvent généralement sur les jeunes pousses ou au revers des feuilles | Évaluer l’importance de l’attaque, favoriser les auxiliaires et surveiller l’apparition de symptômes viraux |
| Moisissure grisâtre sur une fleur, un fruit ou un tissu fragilisé | Pourriture grise ou botrytis | Un duvet gris se développe surtout lorsque l’humidité est importante et l’aération insuffisante | Retirer les parties atteintes, éviter de mouiller le feuillage et mieux ventiler les plants |
| Feuilles ponctuées de jaune, ternes ou desséchées | Tétranyques ou « araignées rouges » | De minuscules acariens et parfois de fines toiles sont visibles au revers des feuilles, surtout par temps chaud et sec | Examiner le revers des feuilles, retirer les parties très atteintes et éviter un stress hydrique prolongé |
| Extrémité du fruit qui brunit, noircit et se dessèche | Nécrose apicale | La lésion commence à l’extrémité opposée au pédoncule et progresse vers la base du fruit | Régulariser l’arrosage et vérifier l’état des racines et l’équilibre du sol avant d’ajouter du calcium |
| Plant qui végète après la plantation | Sol froid, stress de transplantation ou racines perturbées | Le plant reste peu développé sans présenter de symptômes caractéristiques de maladie ou de ravageur | Protéger le plant du froid, maintenir une humidité régulière et lui laisser le temps de reprendre |
Les maladies et problèmes les plus fréquents sur courgette
Sur courgette, certains problèmes reviennent plus souvent que d’autres au potager. C’est notamment le cas de l’oïdium en cours de saison, des limaces et escargots sur jeunes plants, ou encore des fruits qui jaunissent puis avortent. Détaillons ces trois problèmes fréquents.
L’oïdium des courgettes : comment le reconnaître rapidement ?
L’oïdium est l’un des problèmes les plus fréquents sur courgette en cours de culture. Il se reconnaît par l’apparition de taches blanchâtres sur les feuilles, qui donnent peu à peu un aspect poudré ou farineux au feuillage. Au départ, ces marques restent localisées. Ensuite, elles peuvent s’étendre et couvrir une part de plus en plus importante de la surface foliaire, ainsi que des pétioles.
Lorsque l’attaque progresse, les feuilles jaunissent, se dessèchent en partie et la plante perd en vigueur. Ce symptôme est généralement assez caractéristique.
Pour aller plus loin sur les conditions d’apparition, les gestes utiles et la manière de ralentir la maladie, reportez-vous à la page consacrée à l’oïdium des cucurbitacées.
Différencier oïdium, macules physiologiques et argenture due aux aleurodes.
Certains symptômes sur les feuilles de courgette peuvent faire penser à l’oïdium, surtout lorsqu’on débute au potager.
Les macules physiologiques font partie de ces symptômes. Elles peuvent être impressionnantes chez certaines variétés et, lorsqu’elles sont très marquées, faire croire que le plant est fortement malade. Pourtant, ce décollement de l’épiderme reste sans danger pour la courgette.
L’argenture des courges peut également ressembler aux macules physiologiques. En revanche, elle a, elle, une influence sur le rendement et sur la qualité des fruits. Elle est due à l’aleurode Bemisia argentifolii, qui produit une toxine provoquant une décoloration progressive des nervures puis du limbe.
L’oïdium, lui, donne un feutrage blanc poudreux en surface, comme si la feuille avait été farinée.



Les limaces et escargots sur jeunes plants
Les limaces et les escargots s’attaquent surtout aux jeunes plants, au moment où les tissus sont encore tendres et non piquants. Les dégâts apparaissent souvent très vite : feuilles grignotées, morsures nettes, parfois les plantules rasées en une nuit. Plus le plant est jeune, plus les conséquences sont importantes.
Sur courgette, les attaques concernent surtout les premiers stades, de la levée à quelques semaines après la plantation. Un plant déjà bien développé encaisse mieux quelques morsures. En revanche, un jeune sujet dont le cœur est atteint peut rester durablement affaibli ou disparaître complètement. Les conditions humides, les nuits douces et la présence d’abris proches favorisent fortement ces dégâts.
Si vos jeunes plants sont grignotés, ou disparaissent, peu après la plantation ou la levée, les limaces et escargots font partie des premières causes à envisager. Pour les reconnaître plus précisément et protéger les plants, vous pouvez consulter la page dédiée.

Fruits déformés ou qui avortent : la coulure des fruits
Toutes les petites courgettes qui jaunissent ou avortent ne relèvent pas systématiquement d’une maladie.
Le problème est dû à de mauvaises conditions climatiques, comme le froid, le vent, un manque de luminosité ou une humidité importante, mais aussi à une pollinisation insuffisante. Lorsqu’une fleur femelle est mal pollinisée, le jeune fruit commence à se développer, puis il jaunit, cesse de grossir et finit par avorter.
Ce phénomène peut être ponctuel, notamment en début de culture, ou plus fréquent lorsque les conditions sont défavorables : peu d’insectes pollinisateurs, temps trop humide, trop frais ou au contraire trop chaud, culture sous abri peu ouverte, ou plante stressée. La déformation des fruits peut aussi aller dans ce sens, même si d’autres causes restent possibles selon les cas.
Si le problème concerne surtout de jeunes fruits qui jaunissent puis tombent, la nouaison insuffisante est souvent en cause. Vous trouverez plus de détails dans la page consacrée à la pollinisation des courgettes, aux fleurs mâles et femelles et aux avortements de fruits (à venir).

D’autres problèmes à connaître sur la courgette
D’autres causes, moins fréquentes, peuvent affecter la courgette au cours de la saison : viroses, pucerons, pourriture grise, tétranyques, froid ou carences. Ces situations sont parfois moins faciles à reconnaître au premier coup d’œil, car les symptômes peuvent se recouper.
Les viroses et les pucerons : quels symptômes doivent alerter ?
Les viroses peuvent provoquer des symptômes assez variés sur courgette. Les plus évocateurs sont des mosaïques sur le feuillage, avec un mélange irrégulier de zones vertes et plus claires, des feuilles déformées, parfois boursouflées ou crispées, et une croissance perturbée. Les fruits peuvent aussi être touchés : forme irrégulière, déformations, coloration anormale ou développement insuffisant.
Chez les courgettes, plusieurs virus peuvent être en cause. Les plus souvent cités sont notamment le CMV (Cucumber mosaic virus), le ZYMV (Zucchini yellow mosaic virus) et le WMV (Watermelon mosaic virus). On peut aussi citer le MWMV (Moroccan watermelon mosaic virus), à surveiller davantage. Sans entrer ici dans le détail de chacun, il faut retenir qu’ils provoquent souvent des symptômes proches : mosaïques, déformations du feuillage, croissance affaiblie et fruits anormaux.
Ces symptômes ne sont pas toujours immédiats ni parfaitement homogènes d’un plant à l’autre. C’est ce qui rend les viroses parfois plus difficiles à reconnaître que l’oïdium. Lorsqu’un pied semble globalement déséquilibré, avec un feuillage anormalement tordu, marbré ou affaibli, l’hypothèse virale doit faire partie des pistes à envisager.
Les pucerons méritent ici une attention particulière. Leurs dégâts directs restent souvent limités à des feuilles un peu recroquevillées ou à une présence visible sur les jeunes tissus. En revanche, ils jouent surtout un rôle important dans la transmission de plusieurs virus des cucurbitacées. Leur présence sur ou autour des courgettes constitue donc un signal d’alerte supplémentaire, surtout si des déformations apparaissent ensuite sur le feuillage ou les fruits.


Si vous observez ce type de symptômes, vous pouvez consulter la page détaillée sur les viroses des courgettes, les signes à surveiller et la conduite à tenir (à venir).
Pourriture grise, tétranyques, nécrose apicale et autres problèmes
Toutes les maladies courgettes ne se manifestent pas de la même façon, et certains désordres peuvent leur ressembler.
La pourriture grise ou moisissure grise (Botrytis cinerea) apparaît surtout dans des contextes humides, mal aérés, ou lorsque des tissus fragiles restent longtemps mouillés. Elle peut toucher les fleurs, l’extrémité des fruits ou certaines parties du feuillage, avec un aspect de moisissure grisâtre caractéristique. Sur courgette, elle concerne souvent des organes déjà fragilisés ou des conditions de culture défavorables.
Les tétranyques, souvent appelés araignées rouges, provoquent plutôt un affaiblissement progressif du feuillage. Les feuilles prennent un aspect terne, ponctué ou décoloré, puis sèchent plus vite en cas de forte attaque. Ce problème apparaît surtout par temps chaud et sec. Il est moins fréquent que l’oïdium, mais il peut devenir pénalisant lorsque les conditions lui sont favorables. Pour vérifier cette hypothèse, consultez le guide consacré aux symptômes des tétranyques et à la confirmation du diagnostic.
La nécrose apicale est un désordre physiologique assez courant chez les cucurbitacées, en particulier sur courgette. Elle débute à l’extrémité du fruit et s’étend ensuite progressivement vers la base. Les tissus touchés flétrissent, brunissent puis noircissent, tandis que le fruit peut se ratatiner et se décomposer plus ou moins en profondeur. Ce problème est favorisé par une mauvaise alimentation en calcium des fruits, souvent en lien avec des stress hydriques, un enracinement insuffisant ou abîmé, une croissance ralentie ou un sol mal équilibré.

Avant de conclure à une maladie, il faut donc toujours vérifier si les conditions de culture ne suffisent pas à expliquer le problème observé.
Sources : Ephytia
