Tomate mûrissante sur le plant avec trou rond près du pédoncule

Des trous dans mes tomates : comment identifier le responsable ?

Un trou rond et profond dans une tomate, surtout lorsqu’il est accompagné de déjections et d’une cavité dans la chair, est généralement l’œuvre d’une chenille. Les noctuelles font partie des premières suspectes. Tuta absoluta, la mineuse de la tomate, peut également pénétrer dans les fruits, mais elle laisse habituellement d’autres indices sur le plant, notamment des mines dans les feuilles.

Cette année, j’ai de nouveau retrouvé plusieurs tomates trouées dans mon potager. En ouvrant l’un des fruits, j’ai découvert une chenille encore présente dans la cavité, entourée de déjections. J’avais déjà fait une observation similaire en 2022.

Comment reconnaître ce qui a fait un trou dans une tomate ?

Avant de chercher à agir, observez d’abord le fruit : la forme du trou, sa position, la présence éventuelle de déjections et l’importance de la cavité donnent déjà de précieux indices. Examinez ensuite le reste du plant, en particulier les feuilles, pour rechercher d’autres symptômes comme des mines.

Ce que vous observezCause à envisager en prioritéIndice à rechercher
Trou rond assez net, souvent proche du pédoncule, déjections, cavité dans la chairChenille de noctuelleOuvrir le fruit et rechercher une chenille ou une galerie
Trou dans le fruit + mines blanchâtres dans les feuillesTuta absolutaExaminer attentivement les feuilles, les jeunes pousses et les tiges
Morceau de chair arraché ou fruit largement ouvertOiseau ou autre animalAbsence de galerie et de déjections de chenille
Chair irrégulièrement rongée, surtout sur un fruit proche du solLimace ou escargot, plus rarementTraces de mucus, dégâts superficiels et irréguliers

La présence de déjections à l’intérieur du trou ou de la cavité est particulièrement intéressante. Elle oriente beaucoup plus vers une chenille que vers un animal ayant simplement consommé une partie du fruit depuis l’extérieur.

Trou rond, déjections et chair creusée : pensez d’abord à une chenille

Un trou rond accompagné de déjections et d’une cavité creusée dans la chair est très caractéristique d’une attaque de chenille de noctuelle. L’orifice visible à l’extérieur ne montre souvent qu’une petite partie des dégâts : en ouvrant le fruit, on découvre une cavité nettement plus importante, parfois accompagnée de tissus déjà dégradés.

Dans mon cas, l’ouverture d’une tomate trouée a confirmé ce diagnostic : une chenille était encore présente dans la cavité, entourée de nombreuses déjections.

Chenille de noctuelle et déjections dans une tomate ouverte
L’ouverture d’une tomate trouée m’a permis de retrouver directement cette chenille dans le fruit, entourée de nombreuses déjections.

Noctuelle ou Tuta absoluta : comment les différencier ?

Les deux sont des lépidoptères : ce sont donc leurs chenilles qui provoquent les dégâts. Mais leur biologie et les symptômes qu’elles laissent sur la tomate sont assez différents.

Les noctuelles qui attaquent les tomates

Plusieurs espèces de noctuelles peuvent s’attaquer aux tomates. Parmi elles, Helicoverpa armigera, souvent appelée noctuelle de la tomate, est une candidate sérieuse lorsqu’une grosse chenille pénètre dans le fruit.

Les jeunes larves peuvent se déplacer sur la plante avant d’attaquer les fruits. En grandissant, certaines atteignent plusieurs centimètres. Leur coloration est variable : verte, brunâtre, jaunâtre ou beaucoup plus sombre. La couleur seule ne permet donc pas une identification fiable.

Les fruits attaqués présentent souvent une cavité assez importante et des déjections peuvent s’accumuler autour de la zone consommée.

Tuta absoluta, la mineuse de la tomate

Tuta absoluta est elle aussi un papillon, mais elle n’appartient pas aux noctuelles.

Sa chenille est beaucoup plus petite : au dernier stade, elle reste généralement inférieure à un centimètre. Elle se développe surtout comme une mineuse, en creusant l’intérieur des tissus.

Sur les feuilles de tomate, elle produit des mines irrégulières, souvent blanchâtres au début puis brunissantes. Les chenilles peuvent aussi attaquer les jeunes tiges et pénétrer dans les fruits.

C’est donc l’ensemble du plant qu’il faut examiner. Une petite chenille associée à de nombreuses mines foliaires oriente fortement vers Tuta absoluta.

Le tableau qui permet de faire la différence

CritèreMineuse de la tomate — Tuta absolutaNoctuelle de type Helicoverpa armigera
Taille de la chenille matureEnviron 7 à 8 mmEnviron 30 à 40 mm
Dégâts sur les feuillesMines blanchâtres irrégulièresFeuilles éventuellement rongées, mais pas de véritables mines
Dégâts sur les fruitsPetites galeries et trous d’entrée ou de sortieFruit perforé avec cavité souvent beaucoup plus importante
DéjectionsPossibles dans les mines et galeriesSouvent bien visibles autour ou dans la cavité
Taille de la chrysalideEnviron 4 à 5 mmEnviron 14 à 18 mm
Lieu de nymphoseMine, plante, débris ou solPrincipalement dans le sol
Indice le plus parlantPetite chenille + mines caractéristiques sur les feuillesGrande chenille + fruit profondément creusé

Dans mon cas, la chenille retrouvée dans le fruit est beaucoup trop grosse pour être une larve de Tuta absoluta. L’absence de mines caractéristiques sur le feuillage va dans le même sens.

En revanche, ces observations ne suffisent pas à identifier avec certitude l’espèce de noctuelle. Helicoverpa armigera constitue une hypothèse sérieuse, mais je préfère conserver cette prudence.

Pourquoi peut-on trouver un trou sans chenille dedans ?

Sur plusieurs tomates attaquées cette année, j’ai trouvé un trou, une cavité et des déjections… mais aucune chenille.

En effet, une larve peut quitter un fruit, se déplacer vers un autre ou terminer son développement ailleurs. Chez les grandes noctuelles comme Helicoverpa armigera, la nymphose a normalement lieu dans le sol.

C’est pouquoi au moment où on découvre un trou vide, la noctuelle est déjà ailleurs et possiblement déjà en nymphose dans le sol.

Les autres causes possibles de trous ou de morsures

Toutes les tomates abîmées ne sont évidemment pas attaquées par une noctuelle ou Tuta absoluta.

Les oiseaux peuvent picorer ou arracher une partie d’un fruit, notamment lorsqu’il commence à mûrir. Dans ce cas, le dégât ressemble davantage à une portion de chair enlevée qu’à une galerie remplie de déjections.

Les limaces et les escargots peuvent également consommer des tomates, surtout lorsqu’elles sont mûres et accessibles près du sol. Ils râpent plutôt la surface du fruit et produisent des dégâts irréguliers. Des traces de mucus peuvent aider à les repérer.

Pour les trous profonds accompagnés de nombreuses déjections comme ceux que je montre dans cet article, ces hypothèses sont toutefois secondaires.

J’ai ouvert une tomate trouée : que faut-il regarder ?

Ouvrez le fruit dans l’axe du trou et recherchez surtout trois indices : la chenille, les déjections et la cavité qu’elle a creusée. Regardez aussi l’état des tissus autour de la galerie.

Examinez ensuite les feuilles du plant : la présence de mines blanchâtres orienterait plutôt vers Tuta absoluta.

Mon enquête au potager : quelle chenille a troué mes tomates ?

Ces dégâts ne sont pas nouveaux dans mon potager. J’avais déjà réalisé une observation intéressante en 2022, avant qu’ils ne réapparaissent en 2026.

En 2022, une chenille était déjà présente dans une tomate

En juillet 2022, j’avais ouvert une tomate présentant un trou et découvert une chenille directement dans la chair.

À l’époque, je n’étais pas allé beaucoup plus loin dans l’identification.

Cette ancienne observation prend aujourd’hui davantage de sens : la chenille photographiée était déjà nettement plus grosse que ce que l’on attendrait de Tuta absoluta.

Chenille retrouvée à l’intérieur d’une tomate verte ouverte en 2022
Première observation en 2022 : l’ouverture d’une tomate trouée avait déjà permis de retrouver une chenille directement à l’intérieur du fruit.

En 2026, beaucoup de tomates trouées mais peu de chenilles visibles

Cette année, j’ai de nouveau observé plusieurs tomates présentant des trous accompagnés de déjections.

Certaines cavités étaient très importantes alors qu’aucune chenille n’était encore présente au moment de l’ouverture.

Une chrysalide d’environ 2 cm retrouvée dans une tomate

Début septembre, j’ai également retrouvé une chrysalide dans l’une des tomates récoltées.

Elle mesurait approximativement 2 cm.

Cette taille est incompatible avec une chrysalide de Tuta absoluta, qui ne mesure que quelques millimètres. Elle correspond beaucoup mieux au gabarit d’une grande noctuelle.

Le fait de l’avoir trouvée dans une tomate reste particulier : les grandes noctuelles descendent normalement dans le sol pour se nymphoser. Dans ce cas précis, le fruit avait été récolté, ce qui a pu empêcher la chenille de suivre son comportement habituel.

Chrysalide d’environ 2 cm retrouvée dans une tomate récoltée
Chrysalide d’environ 2 cm retrouvée dans une tomate récoltée en septembre 2026. Sa taille permet notamment d’écarter Tuta absoluta.

Le 6 septembre 2026, j’ai enfin retrouvé une chenille dans le fruit

Après avoir repéré une nouvelle tomate trouée, je l’ai ouverte. Une chenille était toujours présente à proximité de la cavité, avec une quantité considérable de déjections.

Chenille de noctuelle dans une tomate ouverte avec cavité et déjections
Autre angle de la chenille retrouvée le 6 septembre : la cavité et l’accumulation de déjections sont particulièrement visibles derrière elle.

Que peut-on conclure de ces observations ?

Les observations réalisées en 2022 et en 2026 permettent d’écarter Tuta absoluta. Les chenilles retrouvées dans les fruits sont beaucoup trop grandes, les cavités observées sont importantes et remplies de déjections, et la chrysalide trouvée cette année mesure environ 2 cm. Je n’ai par ailleurs pas observé les mines foliaires caractéristiques de la mineuse de la tomate.

Les dégâts documentés ici sont donc bien dus à une chenille de noctuelle.

Reste à déterminer l’espèce. La morphologie de la chenille permet toutefois d’aller plus loin : sa taille, ses stries longitudinales, ses lignes claires et ses tubercules sombres sont compatibles avec Helicoverpa armigera, la noctuelle de la tomate. Cette espèce fait donc partie des hypothèses les plus solides.

Une identification certaine reste néanmoins difficile à partir d’une photo seule. Pour confirmer l’espèce, il faudrait examiner des caractères plus fins de la chenille ou, idéalement, identifier l’adulte.

D’autres noctuelles peuvent également s’attaquer à la tomate, notamment :

  • la noctuelle potagère ;
  • la noctuelle méditerranéenne ;
  • la noctuelle de la betterave ;
  • la noctuelle gamma ;
  • ainsi que d’autres espèces de noctuelles.

On peut donc identifier solidement le groupe responsable à partir des dégâts, de la taille et de la morphologie de la chenille, tout en restant plus prudent sur l’espèce précise.

Pourquoi autant de noctuelles cette année ?

Vu les conditions de l’été 2026, particulièrement chaud et sec, un lien avec la forte activité des noctuelles est tout à fait plausible. Chez Helicoverpa armigera, des températures élevées accélèrent le développement : les œufs éclosent plus rapidement et les stades larvaires s’enchaînent plus vite.

Cette activité n’a pas été observée uniquement dans mon potager. Au cours de la saison 2026, plusieurs réseaux du Bulletin de santé du végétal ont signalé des vols importants ou précoces de noctuelles dans différentes régions françaises. En Bretagne, un très fort vol de noctuelles était déjà observé en juin, avec l’arrivée des premières Helicoverpa armigera. Dans le sud de la France, les captures de cette espèce étaient également en augmentation dès le printemps.

Plus près de chez moi, le BSV des Pays de la Loire signalait fin juillet des conditions météorologiques très favorables au développement des noctuelles et l’apparition des premières chenilles dans les cultures du Maine-et-Loire. Des observations d’Helicoverpa armigera ont ensuite été réalisées autour d’Angers au cours du mois d’août.

Il existe donc probablement une corrélation entre les conditions exceptionnellement chaudes de 2026 et la forte activité des noctuelles observée cette année.

Que faire quand on trouve des tomates trouées ?

La première chose à faire est de retirer les fruits fortement attaqués ou déjà en décomposition.

Mais avant de les éliminer, ouvrez-en au moins un. C’est souvent le meilleur moyen de comprendre ce qui se passe réellement.

Inspectez également les tomates voisines et le feuillage.

Dans cet article, je me limite volontairement au diagnostic. Les méthodes de lutte contre les noctuelles et contre Tuta absoluta méritent d’être traitées séparément, car elles ne reposent pas exactement sur les mêmes stratégies.

En résumé : identifier un trou dans une tomate en quelques secondes

Un trou accompagné de déjections et d’une cavité profonde doit d’abord faire penser à une chenille.

Une petite chenille de quelques millimètres associée à des mines sur les feuilles oriente vers Tuta absoluta.

Une chenille de plusieurs centimètres retrouvée dans un fruit fortement creusé correspond davantage à une noctuelle.

Questions fréquentes

Quel insecte fait des trous dans les tomates ?

Les trous profonds accompagnés de déjections et d’une cavité dans la chair sont souvent provoqués par des chenilles. Les noctuelles, notamment Helicoverpa armigera, font partie des principales suspectes. Tuta absoluta peut également pénétrer dans les fruits mais sa chenille est beaucoup plus petite et son attaque est souvent associée à des mines sur les feuilles.

Pourquoi mes tomates ont-elles des trous mais aucune chenille ?

La chenille peut avoir quitté le fruit avant que vous ne le découvriez. Certaines se déplacent vers d’autres fruits puis quittent la plante lorsqu’elles arrivent au terme de leur développement. Le trou, la galerie et les déjections restent alors visibles.

Comment différencier Tuta absoluta d’une noctuelle ?

La taille de la chenille et l’état des feuilles sont deux critères particulièrement utiles. Une larve mature de Tuta absoluta mesure moins d’un centimètre et produit généralement des mines foliaires. Les grandes chenilles de noctuelles peuvent atteindre plusieurs centimètres et creuser des cavités importantes dans les tomates.

Peut-on manger une tomate qui a été trouée par une chenille ?

Un fruit présentant une cavité profonde, beaucoup de déjections, de la pourriture, des moisissures ou une odeur anormale doit être écarté. Une petite blessure strictement superficielle est une situation différente, mais lorsque l’intérieur du fruit est atteint comme sur les photos de cet article, je ne le consomme pas.

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