La réussite de la culture des tomates au potager vous semble aléatoire ? Si ce n’est pas votre première année de culture, vous savez que cette plante potagère est particulièrement exigeante et sensible aux maladies dont au redoutable mildiou. De surcroit, vous avez l’impression qu’il faut être ingénieur agronome pour maitriser sa culture, du semis à la récolte !

Il faut certes bien comprendre les besoins de la tomate, réunir les bonnes conditions de culture et lui prêter une attention toute particulière. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme la reine du potager ! Mais ce n’est pas si compliqué et c’est justement ce que nous allons voir dans ce dossier complet. Dans quelques minutes vous aurez une vue globale de ce qu’il convient de faire pour obtenir de belles tomates !

Que vous partiez du semis ou que vous achetiez directement vos plants de tomates bio, nous allons voir sa culture de A à Z. Nous verrons comment bien nourrir la tomate, comment renforcer ses défenses naturelles, comment surveiller son état sanitaire. Mais aussi quand et comment la semer, comment choisir ses variétés, comment préparer son emplacement, comment bien planter, etc.

Bonne lecture !

Mise à jour de l’article : 30/07/2021

1) Choisir vos variétés de tomates

Lorsque vous choisissez vos tomates vous avez deux options quant aux choix des variétés. Soit vous achetez directement vos plants en jardinerie, sur le marché ou lors de fêtes des plantes : le choix variétal est alors généralement restreint. Soit vous achetez ou troquez des semences et vous avez alors potentiellement accès à un choix très conséquent de variétés. En jardinerie ce choix restera restreint, mais sur internet vous pouvez trouver des semenciers de qualité qui proposent de belles variétés !

Si vous êtes débutant en jardinage, je vous conseille plutôt d’opter pour l’achat de plants afin de vous faire la main sur la culture. Sinon vous pouvez toujours vous procurer des plants mais il est très intéressant de semer vos propres graines de tomates.

Culture des tomates : le plant de tomate de Pablo Picasso 1881-1973

Le « Plant de tomates » – Pablo Picasso

1.1) Les types de tomates

Quand on parle de type de tomate, cela peut faire référence à différents critères. Le type d’utilisation en cuisine, le type de plant proposé (variété reproductible, hybride F1, plant greffé) ou encore le type port de la plante ou type de croissance. Intéressons nous ici aux deux derniers, l’utilisation en cuisine est traité dans le point ci-dessous : variétés recommandées.

Les types de plants

En ce qui concerne l’achat de plants, plusieurs types de variétés sont proposés :

  • Les variétés reproductibles, parfois nommées variétés anciennes, variétés à pollinisation ouverte ;
  • les variétés hybrides F1 ;
  • les plants greffés (souvent des hybrides F1) ;
  • les plants bio, reproductibles ou F1.

Notez que vous ne trouverez jamais l’appellation « reproductible ». Si les plants ne sont pas notés F1, soit c’est un oubli, soit ce sont des variétés reproductibles. Une variété reproductible est une variété dont on peut récolter les graines pour les ressemer l’année suivante. Les variétés F1 sont généralement plus productives, mais elles sont plus onéreuses et ne donnent pas de descendance fixée lorsqu’elles sont ressemées. Les plants greffés sont très productifs et procurent souvent une grande résistance face aux maladies et ravageurs. Quant aux plants bio, ils sont issus de semences de la filière AB et sont cultivés dans du terreau sans ajout d’engrais chimiques ou de fumiers issus de la filière conventionnelle.

Le port de la plante ou type de croissance

Il existe deux types de croissance chez la tomate :

Un port de plante de type indéterminé donne des plants qui poussent en continue en suivant l’axe de la tige principale. Sur ce type de plan, si les gourmands sont taillés et en conditions optimales de croissance, alors la tige principale peut continuer de grandir « indéfiniment ». En pratique les tomates à croissance indéterminées s’arrêtent de grandir avec les conditions météorologiques automnales. Ces plants demandent à être tuteurées et produisent sur une longue période par rapport aux variétés à port déterminé. Ils représentent une grande majorité des variétés.

Un port de plante de type déterminé donne des plants buissonnants, ils atteignent généralement moins d’un mètre de hauteur. Ces plants sont précoces et produisent généreusement sur une période courte. Il ne se taillent pas, leur tuteurage est optionnel et se fait le cas échéant avec une cage. Ils sont bien adaptés aux régions du nord de la France.

1.2) Critères de choix

Que choisir ? Avec des plants greffés ou des variétés F1, il est plus facile d’obtenir des récoltes abondantes et saines. Toutefois les hybrides F1 ont souvent moins de goût et une peau plus dure. C’est à priori moins le cas des plants greffés car il est possible de greffer des variétés reproductibles sur des porte-greffes F1. Les variétés reproductibles ont quant à elles plus de goût et une peau plus tendre. D’autres critères sont à prendre en compte comme la précocité ou l’adaptabilité à votre région, leur utilisation en cuisine.

Pour aller plus loin à ce sujet, je vous invite à lire cet article : Choisir ses variétés de tomates

1.3) Variétés recommandées

Je ne peux que vous recommander les tomates à chair dense, avec peu de graines. Elles sont excellentes crues, en carpaccio. Un filet d’huile d’olive de bonne qualité, un peu de fleur de sel, quelques herbes aromatiques finement hachées et c’est suffisant pour les sublimer !

  • Ananas
  • Cœur de Bœuf Japonais
  • Deweese Straked
  • Orange Queen
  • Portugaise
  • Rose de Berne
  • Summer Cider

Les polyvalentes, à déguster en salades ou à cuisiner :

  • Casaque Rouge
  • De Berao
  • Saint-Pierre

Les cerises, cocktails et type prune :

  • Brown Berry
  • Artisan Pink Tiger

Les variétés de tomates pour faire des coulis et des sauces :

  • Banana legs
  • Des Andes ou Cornue des Andes

Les tomates à farcir :

  • Gregory Altai
  • Yellow Stuffer
  • Zapotec Pink Ribbed

2) La culture des tomates

Comme nous l’avons déjà évoqué, il est possible de semer des tomates ou bien d’acheter des plants à planter. Le semis s’anticipe et se fait en fin d’hiver – début de printemps, tandis que la plantation se fait à partir du mois d’avril dans le sud ou en serre. Traditionnellement on plante les tomates en extérieur vers le 15 mai, après le passage des Saints de Glace.

Dans cette partie nous allons voir comment réaliser les semis, les rempoter pour obtenir des plants sains et robustes à planter. Nous verrons ensuite où, quand et comment planter ces plants pour favoriser une croissance vigoureuse. Enfin nous verrons tous les soins à apporter en cours de culture, comment gérer la fertilisation, l’arrosage, la taille ou non taille, pour parvenir au moment mérité de la récolte.

2.1) Semer les tomates

Le semis des tomates est une étape à la fois simple et délicate. Simple car les tomates germent et lèvent facilement, délicate car elles ont tendance à filer si elles ne reçoivent pas assez de lumière.

Quand semer les tomates ?

Le semis se réalise à partir de la mi-février dans le Midi, mi-mars pour les autres régions et peut être fait jusqu’à la fin avril partout en France métropolitaine. Il ne sert à rien de se précipiter et vouloir semer trop tôt car les plantules manqueraient de lumière naturelle et fileraient.

Qu’est-ce qu’une plantule qui file ?

On reconnait une plantule qui file au fait qu’elle émette une grande tige toute fine, les feuilles se dirigent vers la lumière. Le poids des feuilles à l’extrémité de la tige devient trop lourd pour la tige, la plantule finit par s’affaisser. Par expérience, il vaut mieux recommencer un semis plutôt que de s’entêter à rattraper des plantules filées.

Si vous avez le cas, rattrapez le tir en choisissant un lieu plus lumineux et refaites un semis. Une véranda est bien adaptée, une fenêtre bien exposée, une serre maintenue hors gel également. Enfin une alternative efficace est d’utiliser un éclairage horticole.

Quel matériel faut-il pour semer les tomates ?

  • Une terrine, une caissette ou une plaque de semis ;
  • une dame pour tasser, à défaut le plat de la main ;
  • des étiquettes sur lesquelles vous allez pouvoir noter le nom des variétés et un crayon de bois ;
  • du terreau spécial semis.

Comment semer les tomates en terrine ?

  1. Remplir aux trois quart une terrine de terreau à semis puis damer ;
  2. avec un crayon faire des trous de 5 mm de profondeur tous les 3 cm environ ;
  3. mettre une graine par trou puis reboucher en ramenant le terreau ;
  4. arroser au pulvérisateur à pression préalable et par bassinage.

Voir les gestes illustrés et autres conseils plus spécifiques ici : 10 conseils pour réussir le semis de la tomate.

Astuce : semez de la même manière et au même moment vos aubergines, piments, poivrons et physalis. Semez moins profond les aubergines et physalis (3 fois la taille de la graine).

A quelle température lèvent les tomates ?

Les tomates peuvent germer à partir de 16°C et jusqu’à 30°C, cependant la plage optimale de températures se situe entre 20 et 24°C. Ainsi nous pouvons envisager une germination en moins de 7 jours entre le semis et la levée à une température de 22°C constante.

Pour obtenir ces températures, garder les terrines à l’intérieur de la maison. Placez-les à un endroit chaud (sur une chaudière, sur une nappe chauffante, près d’un radiateur).

Les soins à apporter après le semis et la germination

Il est important de vérifier que le terreau soit maintenu humide en surface jusqu’à la levée des tomates. Si nécessaire, pulvérisez de l’eau lorsque le terreau sèche en surface.

Après la levée des plantules, mettre les terrines dans un endroit bien éclairé et surtout pas gélif durant la nuit. Cet endroit peut cependant être plus frais la nuit que durant le jour.

Après la levée, l’arrosage des terrines se fait uniquement par bassinage pour éviter que d’éventuelles moisissures ne colonisent la surface du terreau.

La culture des tomates : 15 jours après le semis

15 jours après le semis

La culture des tomates : 3 semaines après le semis les plants prêts à être repiqués

24 jours après le semis – plants à repiquer

Une fois les plants de tomates au stade 4 feuilles vraies (4 feuilles + 2 cotylédons) il est possible de passer à l’étape suivante, le repiquage. Sur la photo ci-dessus, j’ai atteint le bon stade 24 jours après le semis. Cette période varie toutefois selon vos conditions de semis : température, humidité et luminosité étant les 3 facteurs déterminants.

2.2) Repiquer les tomates

Le repiquage consiste à déterrer délicatement et individuellement les jeunes plants et à les repiquer dans des godets. Nous venons de voir qu’il était possible de faire cette opération au stade 4 feuilles vraies. La raison est qu’à ce stade les plantes deviennent assez résistantes pour être manipulées. Avant ce stade, c’est aussi possible, à condition d’être très méticuleux.

Une astuce consiste à enterrer une partie de la tige du plant de tomate afin qu’il émette de nouvelles racines adventives. Ainsi lors de la plantation finale en pleine terre vous aurez un système racinaire très bien développé et par conséquent un plant de tomate fort qui reprendra plus facilement.

Découvrez cette méthode de repiquage en photos dans cet article.

repiquage des tomates

Plant de tomate fraichement repiqué

2.3) Acclimater les tomates

L’acclimatation est une étape importante qui va conditionner la résistance de vos tomates à la plantation finale. Pour se faire, trois semaines environ avant la plantation finale, sortir les plants à l’extérieur en journée et les rentrer la nuit. Il est possible de mettre un léger voilage les premiers jours car les feuilles sont très tendres et fragiles au soleil.

Si vous disposez d’une serre ou d’un tunnel vous pouvez aussi les acclimater à l’intérieur. Il faut s’assurer de bien aérer la serre pour éviter les surchauffes, ce qui pourrait nuire aux jeunes plants. De même, avec une serre, il n’est pas nécessaire de les rentrer la nuit à l’intérieur de votre habitation. Sauf si la météo prévoit de fortes gelées et que vous n’avez pas les moyens de protéger les jeunes plants avec un voile de protection hivernal.

Tomates acclimatés arrosées par bassinage

Ces tomates sont acclimatées en plein air. Ne pas hésiter à arroser généreusement par bassinage, elles boivent beaucoup à ce stade.

2.4) Exigences culturales et emplacement

Pour obtenir une bonne production il faut cultiver la tomate dans une terre bien ameublie et riche en matières organiques. Il est possible d’ameublir la terre à la grelinette ou à la fourche bêche, sans retourner la terre de préférence. Pour enrichir la terre en matières organiques, les solutions sont multiples comme la culture préalable d’engrais verts, l’apport de fumiers compostés, ou l’apport de compost ménager. Nous allons voir comment dans le point suivant comment utiliser le compost.

La parcelle doit être ensoleillée, au moins une bonne partie de la journée. L’air doit pouvoir y circuler pour assécher les plants après les pluies. Mais elle doit être protégée des vents forts et dominants avec une haie naturelle ou une clôture brise-vent.

Enfin, la parcelle doit bénéficier de chaleur. Évidement, cela dépend en grande partie de la météo de l’année. Mais il est intéressant de réfléchir aux micro-climats que vous avez dans votre jardin. Par exemple, planter les tomates au pied d’un mur exposé au sud peut facilement aider à gagner quelques degrés. En permaculture, il existe le concept de piège à soleil qui consiste à agencer les végétaux sur un U ouvert au sud. Si votre climat est vraiment frais, comme par exemple dans le Finistère ou en climat de montagne, la culture sous serre aidera grandement à gagner ces précieux degrés.

2.5) Planter vos tomates

Vos semis ont bien fonctionné et vous avez obtenu de beaux plants robustes qui attendent impatiemment de rejoindre le potager ? Ou bien, vous vous êtes procuré des plants en jardinerie ou sur le marché ? Vous avez sélectionné le meilleur emplacement de votre jardin pour vos tomates ? Alors place à la plantation !

Quand planter les tomates ?

Pour rappel, la plantation des tomates se fait traditionnellement après le passage des Saints de Glace, c’est-à-dire à la mi-mai. Selon votre région il est possible de les repiquer avant, dès le mois d’avril dans le sud, ou dès début mai dans le nord, en les protégeant bien des gelées. Dans certaines régions ou le froid est tardif, ou si le microclimat est particulier, il est peut être préférable de planter une ou deux semaines après les Saints de Glace. Le plus important est de regarder la météo locale sur les 10 jours à venir environ.

A quelle distance planter les tomates entre elles ?

Dans un potager traditionnel, la distance de plantation varie de 50 cm à 75 cm sur le rang et 80 cm entre deux rangs. Les potagers actuels et notamment en permaculture, on se passe de plus en plus cette rectitude. Les plants sont plantés en groupe, ou dispersés dans plusieurs plates-bandes. Vous êtes le chef d’orchestre de votre potager, c’est à vous de choisir.

Ma seule recommandation est d’éviter de trop serrer les plants entre-eux : ne plantez pas deux plants de tomates à moins de 50 cm l’un de l’autre.

Comment préparer la terre ?

Préparez un trou de plantation de la profondeur d’une fourche bêche, voire un peu plus. Ajoutez deux ou trois pelletés de compost mûr à laquelle vous mélangez une pelleté de terre. C’est suffisant, il n’est pas utile d’ajouter des orties ou des peaux de bananes dans le trou de plantation.

Comment préparer les tomates à la plantation ?

Préparez vos plants en les mettant dans une soucoupe remplie d’eau et de purin d’ortie dilué à 20%. Laissez les mottes s’imbiber de ce breuvage fertilisant quelques minutes avant leur plantation.

Comment planter les tomates ?

  1. Une fois les plants imbibés, retirez les godets et déposez un plant par trou de plantation ;
  2. ramenez le reste de terre autour des plants ;
  3. tassez légèrement et faites une petite cuvette autour du plant afin de cibler l’arrosage et éviter les pertes d’eau ;
  4. arrosez bien après la plantation au goulot de l’arrosoir, sans arroser les feuilles.

Autres conseils pour bien planter les tomates

Disposer après la plantation une bonne épaisseur de paillis (paille, consoude séchée, ortie séchée, fauche d’engrais verts, etc.) sur toute la planche de culture.

Pour des conseils plus précis : 10 conseils pour bien planter vos tomates au potager.

2.6) Tuteurer les tomates

Nous tuteurons les tomates pour éviter que les organes aériens (tige, feuilles et tomates) ne soient en contact direct avec la terre. Le tuteurage permet ainsi de diminuer l’incidence des maladies telluriques comme le mildiou. Il existe de multiples façons de tuteurer les tomates, voyons ici les plus fréquentes.

Le tuteur simple

Un tuteur simple est une piquet en bois, une canne de bambou, un fer à béton ou un tuteur spiralé. Les piquets en bois ont une section assez grosse, il est préférable de les installer avant la plantation. Quant aux fers bétons et tuteurs spiralés, leur section étant très fine, ils peuvent s’installer juste après la plantation pour plus de précision. De grandes cannes en bambou font aussi d’excellents tuteurs et permettent d’utiliser cette plante du jardin.

La tige des tomates à croissance indéterminée s’attache au fur et à mesure que le plant grandit. Pour cela, j’utilise du raphia, qui est une fibre végétale issue du palmier du même nom. Leur utilisation permet de s’affranchir des ligatures en plastique qui finissent par rester dans le jardin après la saison.

Tuteurer les tomates

Attache sur tuteur spiralé d’un plant de tomate à croissance indéterminée avec du raphia, une fibre naturelle biodégradable !

Tuteurer en tipi

Au château de la Bourdaisière, qui accueille le conservatoire de la tomate, les tomates sont tuteurées en tipi. Trois grands piquets en bois sont reliés entre eux par leur sommet. Un unique plant de tomate est planté par piquet de bois. Ces plants doivent également être attachés à leurs tuteurs.

Tuteurer en cage

Aux États-Unis les tomates sont souvent conduites dans des cages, circulaires ou rectangulaires. Chaque cage entoure un seul plant de tomate. Les cages sont bien adaptées à la culture des variétés déterminées. Voici un petit tutoriel bien fait (en anglais, inutile de comprendre la langue, c’est très parlant)

Tuteurer à la ficelle

Enfin, la méthode des maraichers est de tuteurer à la ficelle. En serre, on suspend à l’horizontal et en hauteur des fils de fer bien tendus. On accroche des ficelles sur ces fils et l’extrémité est accroché à la base de la tige du plant. La ficelle s’enroule autour du plant au fur et à mesure de la croissance. En extérieur il est possible de créer un système similaire en plantant des grands poteaux reliés entre eux par des tasseaux de bois. Les ficelles sont accrochées sur ces tasseaux.

2.7) Fertiliser

La tomate apprécie les terres très riches en nutriments, c’est pourquoi il est indispensable de bien la fertiliser tout au long de sa culture et même d’anticiper sa fertilisation. Nous allons voir trois manières complémentaires pour fertiliser la tomate : en amont, à la plantation et pendant la culture.

Fertiliser en amont

Les engrais verts ou couverts végétaux permettent d’enrichir le sol en matières organiques fraiches. Parmi les nombreuses espèces d’engrais verts, la famille des légumineuses (Fabacées) est intéressante pour fixer l’azote atmosphérique et le restituer à la terre une fois l’engrais vert détruit. Les vesces, pois fourragers et féveroles poussent rapidement et se détruisent facilement.

Ces engrais verts peuvent se semer à la fin de l’hiver et être forcés à l’aide d’un voile de forçage ou semés à la fin de l’été – début d’automne. Dans ce dernier cas il convient de choisir des espèces non gélives comme la vesce d’hiver, le pois fourrager, la féverole d’hiver. Ces Fabacées peuvent s’associer à d’autres familles qui produisent une forte biomasse ou qui agissent comme biofumigant.

Les engrais verts doivent être fauchés, éventuellement broyés, deux ou trois semaines avant la plantation des tomates.

Fertiliser la tomate à la plantation

Nous avons vu précédemment que l’on pouvait apporter du compost mûr dans le trou de plantation. Le compost est une matière organique riche en nutriments qui permet de fournir une nourriture de fond tout au long de la saison.

Nous avons également vu qu’il était possible de tremper les mottes quelques minutes dans du purin d’ortie dilué à 20% avant la plantation. Le purin d’ortie est riche en nombreux éléments fertilisants dont l’azote et le potassium.

Fertiliser en cours de culture

Les purins ou extraits fermentés sont de bons fertilisants naturels à utiliser en cours de culture. Ils s’apportent par arrosage au pied des tomates ou par pulvérisation foliaire.

  • Par arrosage à 10% : 1 L de purin + 9 L d’eau ;
  • par pulvérisation à 5% : 500 mL de purin + 9,5 L d’eau.

Les trio des extraits fermentés pour la tomate :

  1. L’extrait fermenté d’ortie ;
  2. le purin de consoude ;
  3. l’extrait fermenté de prêle.

En pratique :

Il est possible d’alterner les apports par pulvérisation et par arrosage, en apportant un des types chaque semaine.

L’extrait fermenté d’ortie s’utilise en début de saison pour favoriser le feuillage, donc la photosynthèse. Le purin de consoude favorise quant à lui la floraison et la fructification, il est apporté à partir du mois de juin et remplace totalement l’ortie en fin de saison. L’extrait de prêle est riche en minéraux, c’est un bio-stimulant qui est apporté durant toute la culture.

Il est tout à fait possible d’utiliser deux ou trois extraits en mélange, mais il faut respecter les concentrations évoquées ci-dessus.

Par exemple si on pulvérise deux extraits en mélange, pour un pulvérisateur de 5 L : mettre 125 mL du purin A, 125 mL du purin B et compléter à 5 L avec de l’eau.

2.8) Stimuler les défenses naturelles

L’ortie et la prêle que nous venons d’évoquer en tant que fertilisant ont également des propriétés élicitrices : ils stimulent les défenses naturelles des plantes.

L’effet éliciteur du purin d’ortie est obtenu en pulvérisation sur le feuillage. Il s’utilise à la même concentration, à 5%.

Le purin de prêle ou la décoction de prêle s’utilisent également en pulvérisation sur le feuillage.

2.9) L’arrosage

Il y a une règle d’or concernant l’arrosage de la tomate : ne pas arroser le feuillage. En effet, la tomate est une plante particulièrement sensible aux maladies et l’humidité favorise un certain nombre d’entre-elles. Il convient donc d’arroser au pied des plants plutôt que sur les feuilles.

Faut-il arroser les tomates ?

Il est courant que l’arrosage de la tomate fasse naitre quelque débats passionnés entre ceux qui sont pour ou contre !

Considérons un célèbre maraicher vantant la qualité de ses semences qui donneraient des plants qui n’auraient pas besoin d’arrosage suite à leur plantation. Il vaut mieux être prudent sur de telles assertions. Ce qui compte vraiment c’est votre terroir et notamment les propriétés texturales, structurales et biologiques de votre terre. Dans une terre grumeleuse et profonde, qui reste fraiche en été, biologiquement active, il est en effet possible de s’astreindre des arrosages et de se satisfaire des pluies. Mais dans une terre qui n’est pas encore optimale au niveau de sa structure comme au niveau biologique, il est bien préférable d’arroser. Sinon, nous verrions les plants dépérir bien rapidement.

Comment arroser ?

Dès la plantation chaque plant de tomate doit être généreusement arrosé. Ensuite, il faut arroser régulièrement, tous les 2 ou 3 jours, le temps que les racines colonisent la terre. Puis au fur et à mesure que les plants grandissent, on diminue la fréquence des arrosages pour forcer les plants à aller chercher de l’eau en profondeur. Dans le même objectif, plus les plants grandissent et plus on s’éloigne de la tige. Pratiquement, il n’est pas nécessaire d’arroser à 1 mètre du plant, mais plutôt dans les 25 à 50 cm de la tige.

De manière générale, lorsque les plants sont développés, il est préférable d’arroser généreusement et peu souvent.

Mais attention toutefois à la nécrose apicale qui peut vous contraindre à arroser plus régulièrement (voir ci-dessous).

2.10) Tailler la tomate

Après l’arrosage, la taille est un autre sujet à débats !

Principe de la taille des tomates

La taille basique des tomates consiste à tailler les gourmands ou tiges secondaires qui poussent à l’aisselle des feuilles de la tige principale. Elle consiste aussi à tailler les feuilles les plus basses lorsqu’elles s’affaiblissent ou lorsqu’elles touchent la terre.

La taille des gourmands de la tomate

Est-il nécessaire de tailler les tomates ?

Si on laisse les gourmands grandir, ils finissent par former un bouquet de fleurs et donc donneront des tomates. C’est à priori positif, mais ces bouquets secondaires se développent au détriment des premiers bouquets et donc de la précocité des premières tomates. De plus lorsque l’on tuteure sur des piquets, ces tiges secondaires ne sont pas attachées. Dès que le poids du bouquet devient un peu trop lourd, la tige secondaire (le gourmand) casse.

Voici ce que je propose :

Tailler Ne pas tailler
  • Les feuilles qui touchent la terre
  • Les gourmands des variétés de types indéterminés aux gros fruits.

 

  • Les variétés de types déterminés (buissonnants)
  • Les variétés de types indéterminés de type cerise ou fruit de petite taille (ou faire une taille intermédiaire, par exemple couper après le premier bouquet du gourmand)
  • Sous serre, il est possible de ne pas tailler et laisser se développer à même le sol (sur un paillis). Il est possible aussi de tuteurer à la ficelle les tiges secondaires.

En cas de non taille il faudra prévoir plus d’espace entre deux plants au moment de la plantation et prévoir un tuteurage renforcé. Sauf si vous décidez de laisser se développer à même le sol, mais c’est une pratique que je ne recommande pas sauf éventuellement en serre.

De bons outils et tailler au bon moment

Lorsque les gourmands sont très petits, il est possible de les couper avec les ongles. Lorsqu’ils atteignent le diamètre d’un crayon

Repérez la tige principale, la feuille est quasi perpendiculaire à la tige et entre les deux c’est le gourmand. Laissez 1 cm du gourmand, celui-ci cicatrisera et tombera naturellement quelques semaines plus tard.

Ne jamais tailler lorsqu’il pleut ou lorsque l’air est humide car vous allez ouvrir les portes aux maladies cryptogamiques comme le mildiou. L’idéal étant de tailler au milieu d’une journée ensoleillée et chaude, la cicatrisation est plus rapide.

2.11) La récolte

La récolte est une étape à priori évidente… Oui mais quand faut-il récolter les variétés vertes comme la Green Zebra ? Quels sont les critères pour s’assurer de la maturité des tomates ?

Le premier est bien entendu la couleur : selon les variétés elle varie du rouge, rose, jaune, vert, orange, blanc-crème, bleu-noir etc. Quelle que soit la couleur attendue, elle doit être bien homogène (hormis pour les bigarrées) et franche, légèrement brillante. Ensuite, il suffit de vérifier la consistance en pressant légèrement les fruits. Ils doivent être fermes mais pas trop durs. Dernier critère qui ne trompe pas, c’est le parfum agréablement sucré qu’elles diffusent à maturité.

En pratique, il est préférable de couper le pédoncule avec la tomate pour que celle-ci se conserve un peu plus longtemps, utilisez une bonne paire de ciseaux ou un sécateur.

La tomate est un légume-fruit climactérique, c’est-à-dire que les tomates continuent de murir après leur récolte. Un fruit climactérique produit de l’éthylène lorsqu’il commence à mûrir. En fin de saison, lorsqu’on récolte les dernières tomates vertes avant les gelées, celles-ci ne peuvent pas murir car elles ne produisent pas encore d’éthylène. Il suffit alors d’ajouter des pommes ou des bananes pour déclencher leur maturation.

3) Les maladies et problèmes physiologiques

La tomate est une culture relativement sensible à diverses maladies cryptogamiques. Retrouvez les maladies et troubles physiologiques les plus fréquents chez la tomate. Détaillons ici deux des problèmes courants, le mildiou et la nécrose apicale.

3.1) le mildiou des solanacées

Le mildiou des solanacées est une maladie grave dû au pseudo champignon Phytophtora infestans. En cas de conditions favorables pour son développement (humidité forte et durable, températures douces), la progression de la maladie peut être fulgurante. Le mildiou survient  lors des étés pluvieux et froids. Si l’été est correct, c’est alors à la fin de cette saison, avec les températures qui se radoucissent, que la maladie se déclenche. D’ailleurs les anglo-saxons appellent cette maladie « late blight », pour désigner sa venue tardive.

Une des meilleures protections contre le mildiou est la mise en place d’un abri à tomates ou la culture en serre. Non seulement la serre permet d’améliorer la croissance et la précocité des plants mais aussi elle empêche l’humectation des feuilles avec l’eau de pluie. La propagation de la maladie diminue avec cette protection physique. Toutefois la serre doit restée bien aérée, car en cas de forte hygrométrie, le mildiou peut également se développer.

Le mildiou des solanacées est un thème largement abordé sur ce site. N’hésitez pas à découvrir les divers articles à ce sujet.

3.2) La nécrose apicale

La nécrose apicale se manifeste par le noircissement de l’extrémité des tomates. Il s’agit d’un trouble physiologique et non d’une maladie d’origine biotique (comme le mildiou). La cause la plus probable est que les plantes n’arrivent pas à absorber suffisamment de calcium. Ce nutriment ne parvient pas jusqu’à l’extrémité des fruits et ceux-ci nécrosent. Il a également été prouvé que le manque de régularité dans les arrosages est un facteur clé. Effectivement, si les plantes reçoivent moins de sève élaborée, alors les fruits reçoivent moins de calcium. Il convient également de contrôler le pH du sol car en dès que le pH du sol devient inférieur à 6, l’assimilation du calcium est plus difficile.

4) Faire ses semences

Il est assez simple de faire ses semences de tomate car c’est une plante dont les fleurs sont majoritairement autogames. Cela signifie que la fleur va s’autoféconder, vous pouvez donc récupérer vos semences pour les ressemer l’année suivante et retrouver la même variété. Toutefois certaines fleurs sont allogames, on les reconnait au stigmate apparent sur la fleur, dans ce cas il y a un risque de fécondation croisée, concrètement en seconde année vous pouvez ne pas retrouver exactement la même variété.

Soit vous observez les fleurs et vous repérez celles ou le stigmate est bien enfermé, soit pour être totalement sûr qu’il n’y a pas d’hybridation vous isolez chaque bouquet d’un sachet, avant que les fleurs ne soient visibles.

Pour aller plus loin sur ce sujet et pour la partie pratique je vous renvoie vers cet article : Comment produire vos propres graines de tomates.

Fleur de tomate

Fleur de tomate dont le stigmate est bien enfermé – Les semences pourront être récoltées