La tomate, surnommée la reine du potager porte bien son titre quand aux exigences qu’il faut lui porter pour obtenir des fruits savoureux à maturité. L’étape de la plantation est une étape importante qui conditionne en grande partie sa réussite. Dans cet article nous allons voir les bonnes pratiques et des techniques à adopter pour bien planter les tomates. Vous mettrez toutes les chances de votre côté pour obtenir de belles récoltes et réussir la culture des tomates !

1 – Bien choisir ses plants

Que vous ayez acheté des plants ou produit vos propres plants en semant vos graines de tomates puis en rempotant les jeunes plants, il va falloir sélectionner au sein de chaque variété les plus beaux plants, c’est-à-dire les plus robustes et trapus, à la tige épaisse, aux entre-nœuds courts, aux feuilles vertes foncées et les plus sains. Dans le cas ou vous avez trop de plants, sélectionnez aussi ceux qui sont le plus avancés et qui ont déjà le premier bouquet de fleurs.

Dans tous les cas il est inutile de garder les plants borgnes, il ne donneront absolument rien. Mais rassurez-vous, vous aurez éventuellement ce type de plants mal formés que lorsque vous faites vos semis et non quand vous les achetez.

Ayez un œil sur les maladies et notamment sur l’oïdium, il peut arriver que ce champignon se développe sur vos jeunes plants. L’oïdium se manifeste en faisant des petits spots blancs sur les feuilles en commençant généralement par les cotylédons puis remonte vers les feuilles. Ce n’est pas très grave tant que c’est contrôlé. Au moment d’acheter vos plants, écartez systématiquement les plants malades. Surveillez également qu’ils n’aient pas d’autres maladies avec des taches sur les feuilles. A ce stade, le risque de mildiou est quasi nul.

Voir aussi : Choisir ses variétés de tomates

2 – Cultiver un bon précédent cultural

La tomate est un légume gourmand qui aime pousser dans une terre humifère. Également, de nombreuses variétés sont sensibles à diverses espèces de nématodes (dont le Meloidogyne incognita) qui peuvent nuire à la bonne croissance des tomates (voir les tuer).

Ainsi, tout l’art du jardinier va être d’anticiper la fertilité de la terre et sa bonne santé en cultivant des plantes fertilisantes et nématicides afin d’apporter des éléments nutritifs et de réduire les risques d’attaques des nématodes. C’est possible avec les engrais verts :

  • La moutarde et le seigle sont deux plantes nématicides.
  • La vesce et la féverole sont deux plantes fixatrices d’azote, elles vont améliorer la fertilité de la terre.

D’un point de vue pratique :

Ces engrais verts ne se cultivent pas à la même période :

  • Dès l’automne, il est possible d’anticiper les plates-bandes où seront cultivées les tomates de l’année suivante. Sur ces plates-bandes cultivez du seigle associé à une légumineuse comme de la vesce d’hiver et/ou la féverole.
  • Pour un semis de printemps, préférez un semis de moutarde, elle pousse rapidement et est facile à couper. Sa fauche, deux ou trois semaines avant la plantation des tomates apportera de l’azote dans les premiers centimètres du sol et fera office d’un mulch frais.
moutarde en précédent cultural de la plantation de tomate

La moutarde est un bon précédent cultural à la tomate

3 – Planter les tomates à la bonne période

La plantation se fait traditionnellement après le passage des Saints de Glace (11, 12 et 13 mai), les risques de gels sont alors faibles après cette date. Dans certaines régions où le froid est tardif, ou si le microclimat est particulier, il est préférable de planter une, deux ou trois semaines après les Saints de Glace. A l’inverse, dans le Midi et particulièrement en Provence il est possible de les repiquer dès fin avril.

Éviter le gel est primordial pour garantir la survie des plants, mais ce qui est tout aussi important c’est que les plantes doivent pouvoir pousser régulièrement en évitant les à-coups. Or, en dessous de 10°C les plants ralentissent leur croissance. Avant de planter les tomates, le sol doit être suffisamment réchauffé et les températures de l’air suffisamment chaudes.

Contrôlez la météo et les températures diurnes et nocturnes

Avant de planter les tomates il est donc bon de s’assurer des températures des jours à venir. De nombreux sites de prévisions météo mais en particulier le site de météo France permettent de voir les températures nocturnes pour au moins la semaine à venir. Si pendant plusieurs jours, ou si pendant la nuit les températures sont en deçà de 10°C, il sera toujours temps de reporter votre plantation.

Évitez également de planter avant une pluie de plusieurs jours, la tomate n’aime pas l’humidité, ce qui la rend sensible au mildiou et à d’autres maladies cryptogamiques.

Le pari d’une plantation précoce

J’ai tenté plusieurs années consécutives une plantation plus précoce des tomates, c’est-à-dire deux à trois semaines avant la mi-mai. Certaines années j’ai ainsi pu récolter plus tôt les premières tomates, d’autres années les plants plantés après la mi-mai ont rattrapés en croissance les plantations plus précoces (elles ont subit le stress que j’évoquais ci dessus) . Bien entendu je ne mettais pas tous mes œufs dans le même panier et je plantais seulement quelques plants de variétés hâtives.

Le risque est moindre lorsqu’on produit ses propres plants à partir du semis, il serait par contre dommage de faire ce pari avec des plants achetés. J’ai déjà vu un voisin devoir arracher ses plants de tomates greffés au mois de mai, ils n’avaient pas résisté au gel. Dans tous les cas si ces quelques plants s’en sortent, vous aurez des chances de récolter vos premières tomates plus tôt dans la saison et c’est toujours très appréciable de déguster ses premières tomates dès le début du mois de juillet !

Planter avec la lune

Si vous cultivez en suivant le calendrier lunaire ou si vous cultivez en biodynamie, vous ferez la plantation de tomates idéalement le soir d’un jour fruit en lune descendante. Même si vous ne suivez pas les calendriers lunaires ou biodynamiques, il est toujours préférable de planter le soir plutôt que le matin.

Planter sous serre

Si vous plantez vos tomates sous serre froide, vous pouvez avancer environ d’un mois la date de plantation. Ce qui ne dispense pas de faire attention à la météo et de protéger les plants avec du p17 si jamais des gelées étaient prévues.

4 – Choisir l’emplacement et bien préparer la terre

La tomate est une plante exigeante, elle a besoin de soleil pour bien pousser. Elle ne supporte pas les endroits venteux mais il lui faut tout de même une bonne circulation de l’air. La tomate aime une terre meuble, profonde, drainante et bien pourvue en humus. Elle est aussi relativement exigeante en calcium, une mauvaise assimilation peut provoquer la nécrose apicale.

A quel emplacement planter les tomates ?

La tomate a besoin de soleil, donc on la plante exposée au sud. Évitez, dans la mesure du possible, qu’elle reçoive de l’ombre une partie de la journée. Enfin si vous n’avez que peu de possibilité, il vaut mieux le soleil du matin, qui puisse chasser la rosée rapidement.

Comment préparer la plate-bande de plantation ?

Si votre terre n’est pas suffisamment meuble (on doit pouvoir prendre une belle poignée de terre sans difficulté) avec des pratiques de non travail du sol il va falloir l’ameublir. Pour cela je vous invite à travailler en respectant la vie et la structure du sol. Vous pouvez utiliser une grelinette ou une fourche-bêche pour aérer la terre sans la retourner. Passez ensuite le croc pour égaliser la terre et retirer les éventuelles adventices.

Idéalement on prépare la plate-bande quelques jours avant la plantation pour que la terre se raffermisse un peu, mais si vous le faites le jour-même ça le fera aussi !

5 – Planter les tomates à la bonne distance

Si vous cultivez vos tomates en lignes, comptez un espacement de 50 cm à 75 cm entre chaque plant et 80 cm entre deux rangs.

Vous pouvez me dire que la fourchette sur le rang est large ! Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’air doit pouvoir circuler entre les plants pour éviter les zones de chaleur humides qui favorisent les risques de maladies comme le mildiou. Donc l’espacement entre les plants peut être modulé selon plusieurs conditions :

  • Si vous taillez les gourmands, vous pouvez serrer davantage.
  • A l’inverse, en non taille, il vaut mieux prévoir plus d’espace entre deux plants.
  • Les variétés à port déterminé ne se taillent pas et doivent donc être bien espacées.
  • En climat « frais » (où doit-on le situer en 2020 ?), vous pouvez serrer davantage vos plants car ils seront un peu moins vigoureux qu’en climat chaud.
  • Si vous cultivez des cultures associées en intercalaire (comme les choux) prévoyez plus large.
  • Pour une culture sous serre froide plantez aussi plus large.

Je recommande aussi d’éviter de planter plusieurs plates-bandes de tomates les unes à côté des autres. Gardez au moins une plate-bande d’une autre culture entre deux plates-bandes de tomates. Ceci pour limiter les risques de maladies !

6 Imbiber la motte avant de planter les tomates

Les mottes de vos plants doivent être suffisamment humides avant d’être plantées. Vous pouvez les mettre dans une soucoupe remplie d’eau pendant un bon quart d’heure, une fois qu’elles sont bien imbibées vous pouvez passer à la plantation.

Mieux, si vous avez à disposition du purin d’ortie, lequel stimule la croissance des plants, vous pouvez imbiber les mottes dans cet extrait concentré à 20% (1L de purin d’ortie + 4L d’eau). Comme précédemment laissez les mottes s’imbiber un quart d’heure avant de passer à la plantation

Imbiber les tomates avant de les planter

Avant de planter j’imbibe les mottes avec du purin d’ortie à 20%

7 Comment bien planter les tomates

La plantation se fait de cette manière :

  1. Préparez un trou de plantation de la profondeur d’une fourche bêche c’est-à-dire 20 à 25 centimètres de profondeur.
  2. Versez-y l’équivalent d’une pelle de compost mûr et une pelle de terre que vous mélangez à ce compost.
  3. Déposez le plant dans le fond et ramenez le reste de terre autour de celui-ci, enterrez une partie de la tige.
  4. Tassez et faites une petite cuvette autour du plant afin de concentrer l’arrosage.
Planter les tomates : Les différentes étapes en photos

Les étapes de la plantation

A quelle profondeur planter les tomates ?

Il serait inutile et contreproductif de vouloir planter les tomates trop profondément. Certes je vous recommande d’enterrer une partie de la tige pour la forcer à émettre de nouvelles racines adventives. Mais pas trop profondément, quelques centimètres sont suffisants.

Faut-il coucher la motte du plant tomate ?

Quel est le but recherché à vouloir coucher la motte dans le trou de plantation ? C’est pour forcer le plant a émettre de nouvelles racines sans avoir besoin de creuser trop profondément. Alors oui, pourquoi pas, le plant va créer des racines adventives à partir de la tige et il va s’en sortir. Mais pour moi, on complique la situation au plant de tomate. Et ceci je vais vous l’expliquer dès la germination de la graine. Quand une graine germe elle est soumise à la fois à la lumière et à la gravité. Par la gravité la racine se dirige vers la terre, vers le bas, et les cotylédons sont quant à eux attirés par la lumière, vers le haut. La plantule pousse ainsi dans un axe de verticalité. La tomate émet une racine principale, que nous pouvons appeler le pivot racinaire. De ce pivot racinaire de multiples racines secondaires vont naitre. Naturellement ce pivot puise sa force dans la verticalité, imaginons qu’il fonctionne comme une carotte. Or, si à la plantation nous couchons le plant, le pivot va se trouver dans un plan horizontal, ce qui n’est pas naturel. Ensuite il va chercher à rétablir cette verticalité et il va le faire, le pivot va se diriger vers la gravité, il va se courber. Que de perte d’énergie alors qu’en plantant le plant directement dans l’axe vertical il n’avait qu’à continuer à émettre ses racines secondaires. Voilà, vous avez mon avis et vous planterez bien comme vous voulez ;-)

8 Bien arroser à la plantation

Arrosez généreusement après la plantation au goulot de l’arrosoir dans la cuvette que vous avez formé en rebouchant le trou de plantation, prenez garde de ne pas arroser les feuilles.

Idéalement disposez un système de goutte à goutte sur le rang de culture puis paillez avec de la paille ou un autre type de paillage. Laissez les plants développer leur système racinaire après la plantation, mis à part ce premier arrosage copieux n’arrosez pas pendant plus d’une semaine, le but est de forcer la tomate à développer son système racinaire. Mais si toutefois les feuilles venaient à manquer de turgescence, n’hésitez pas à arroser !

9 Planter les cultures associées et plantes compagnes

Commençons par les plantes à éviter : Les pommes de terre sont à éviter car elles attrapent en premier le mildiou puis le transmettent aux tomates. Le tournesol, le maïs, l’aneth, le fenouil et la betterave sont également à éviter.

Du côté des associations favorables, elles sont nombreuses : Le basilic, la plupart des tagètes (œillet d’Inde, rose d’Inde, le tagète citron), la camomille, la ciboulette chinoise, les choux (protégés par les tomates), les poireaux, les laitues, les zinnias.

Planter les tomates avec ses plantes compagnes

Un plant de tomate associé au basilic (Thaï) et à la rose d’Inde

10 Tuteurer dès la plantation

Pensez à tuteurer dès la plantation afin d’éviter de blesser les racines par la suite. Utilisez des piquets en bois, des cannes de bambous ou des tuteurs spiralés. Pensez à les lier entre-eux afin de consolider les structures. Soit vous les reliez en ligne soit par groupe de 3 à 4 tuteurs.

Une autre solution consiste à utiliser la technique des maraichers en serre. Sur un cadre en bois situé à environ 2 mètres de hauteur, suspendez une ficelle par plant et accrochez l’extrémité à la base du plant de tomate. Au fur et à mesure de la croissance du plant de tomate enroulez la ficelle autour de la tige.