Bonjour, aujourd’hui j’ai le plaisir d’inviter Nicolas Larzillière, passionné de jardinage au potager, blogueur sur Potagerdurable.com et auteur du livre Anti-mildiou. Nicolas a eu la gentillesse de répondre à mes questions pour vous présenter son livre paru cette année, et par la même occasion donner quelques conseils contre le mildiou de la tomate.

Interview de Nicolas

Bonjour Nicolas, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je vis près de Toulouse et on peut dire que j’ai une vraie passion pour le potager. Le mien n’est pas très grand, une cinquantaine de mètres carrés, mais j’ai beaucoup de plaisir à y faire pousser toutes sortes de légumes et d’aromatiques.

D’année en année, j’essaie de perfectionner ma façon de cultiver. Je n’utilise quasiment aucun produit chimique, parce que je suis persuadé qu’ils ne sont pas bons pour notre santé. Je préfère laisser faire la nature en attirant par exemple les insectes pollinisateurs avec les fleurs des mauvaises herbes.

J’aime aussi tenter des expériences comme cultiver des pommes de terres dans des lasagnes, faire pousser des courges en hauteur dans des cages ou essayer des concombres japonais. Ça ne marche pas à tous les coups mais j’apprends énormément de choses à chaque fois.

Il y a deux ans, j’ai eu envie de partager tout cela avec les autres jardiniers et j’ai démarré le blog PotagerDurable.com. J’écris des articles qui montrent ce que je fais dans mon potager, en donnant des conseils pratiques que les gens peuvent appliquer chez eux. Et je trouve que c’est une expérience très enrichissante de pouvoir communiquer dans les deux sens avec mes lecteurs.

Pourquoi avoir écrit un livre sur le mildiou de la tomate ?

Mildiou sur tige

Mildiou sur tige

J’ai reçu pendant l’été dernier beaucoup d’emails venant de lecteurs de mon blog qui me racontaient comment le mildiou avait détruit leurs plants de tomates en quelques jours. Certains étaient désespérés d’avoir perdu toute leur récolte de tomates.

De plus en plus de gens font attention à ce qu’ils mettent dans leur assiette et veulent cultiver un potager naturel ou bio. Et quand la tomate, qui est un peu la star de l’été au potager, vient à tomber malade, ils se retrouvent sans solution.

Je me suis dit que je devais mettre mon savoir et mon expérience au service de tous, car quelle fierté de pouvoir servir à table un beau plat de tomates savoureuses cueillies au potager !

On trouve énormément d’informations sur internet sur cette maladie. Quel est le principal atout de ton livre ?

tomate saine

tomate saine

Cela fait une douzaine d’années que je fais pousser des tomates. Cela m’a permis de mettre au point une approche globale de sa culture dans les potagers. En fait, l’idée est de fortifier les plants à toutes les étapes de leur vie, ce qui va permettre d’éviter les maladies et de ne pas utiliser de produits chimiques.

Cela commence par le choix des variétés. Je conseille plutôt des variétés précoces qui mûrissent plus vite. Ensuite le livre explique en détails une méthode particulière pour semer, endurcir et planter les tomates. Le but, c’est de développer au maximum le système racinaire de la plante, pour obtenir des plants vigoureux et moins sensibles aux maladies.

Parlons aussi de la manière de tailler ses tomates. Sur internet, on trouve tout et son contraire ! Pour quelqu’un qui cherche à se renseigner, ce n’est pas facile de se faire une idée précise. J’ai essayé dans mon livre d’expliquer de façon claire les avantages et les inconvénients de la taille et de la non-taille.

Pareil pour les recettes de préparations naturelles : purin d’ortie, de consoude, décoction de prêle ou d’ail. Je donne les proportions précises, le bon moment de la journée et les intervalles entre les traitements.

Avec tous ces gestes préventifs, les plants de tomates ne devraient pas attraper le mildiou. Mais quand il y a une mauvaise année où il pleut sans arrêt pendant l’été, le mildiou peut malgré tout apparaître. J’ai donc rassemblé dans un chapitre particulier plusieurs méthodes naturelles qui permettent de bloquer une attaque de mildiou.

Effectivement, a travers ton livre on sent l’expérience qui parle. Tes plants de tomates ont-ils déjà souffert du mildiou ?

Tomates à maturité, sans mildiou

Tomates à maturité, sans mildiou

Je suis vraiment un fan de variétés anciennes de tomates. Depuis que j’en cultive, mes plants n’ont jamais eu de forte attaque de mildiou. A part en fin de saison, quand la plupart des tomates ont été récoltées.

Il y a quelques années, j’utilisais encore la bouillie bordelaise pour traiter mes plants. Mais depuis que l’on connaît les dégâts que le cuivre peut causer dans le sol, j’ai complètement arrêté d’utiliser ce produit chimique.

Maintenant, j’associe des techniques que pratiquaient nos anciens, comme la décoction d’ail, qui est un excellent fongicide. Et des techniques plus récentes, comme le bicarbonate de soude qui a fait l’objet d’études par des scientifiques japonais et américains.

Ton livre est auto-édité. Penses-tu que nous pourrons le trouver dans une librairie bientôt ?

J’ai choisi l’auto-édition sur internet car je trouve que cela permet bien plus de souplesse. Je peux facilement enrichir le contenu du livre et le rendre disponible tout de suite aux lecteurs, ce qui ne serait pas le cas dans le circuit traditionnel des librairies.

Et aussi surtout, les photos de toutes les étapes de culture de la tomate sont regroupées dans une galerie photos interactive. Cette galerie est accessible sur internet et les acheteurs peuvent poser des questions et voir mes réponses. Je suis aussi joignable par email. Je trouve que cet échange permanent entre les lecteurs est très intéressant.

Pour la partie texte du livre, elle peut être commandée soit en version à lire sur son ordinateur, soit sous la forme d’un livre classique en papier.

Aurais-tu un ou deux petits conseils à donner aux internautes face au mildiou ?

A mon avis, la chose la plus importante pour avoir des plants de tomates en bonne santé, c’est le compost, si possible fait maison. Le compost est bien plus qu’un fertilisant. C’est un concentré de nature qui contient une multitude de substances vivantes et de nutriments qui vont enrichir le sol et stimuler la croissance des tomates.

Une autre approche, pour diminuer l’entrée des maladies sur les plants de tomates, c’est d’arrêter toute intervention au sécateur. Cette année, j’expérimente la culture des tomates en cages. Chaque plant est entouré par un grillage circulaire à grosses mailles. Les plants ne seront pas taillés du tout et pourront se développer dans tous les sens. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez suivre cette expérience sur mon blog.

Que penses-tu de cette année 2013 ? Encore une année à mildiou on dirait bien ?

Selon les statistiques, le printemps 2013 a été le plus frais sur la France et le Benelux depuis 30 ans. Et d’après ce que prévoient les météorologues, le temps va rester assez instable pendant l’été. Des périodes chaudes vont alterner avec des pluies orageuses.

Comme les spores du mildiou se développent par temps humide et avec des températures comprises entre 15 et 25 degrés, il y est probable que cette maladie trouve à nouveau toutes les conditions réunies cet été.

C’est aussi ce que je pense. Et bien je te remercie d’avoir répondu à mes questions. Pour en savoir plus sur le livre de Nicolas je vous invite à visiter sa page de présentation « anti mildiou » ici

Merci Aurélien, et si les lecteurs ont des questions, c’est avec plaisir que j’y répondrai dans les commentaires.