Marcotter les petits fruits du potager est une technique facile pour multiplier vous-même vos plants. Vous augmentez ainsi petit à petit votre production de fruits favoris sans avoir besoin d’acheter de nouveaux plants. Le marcottage est une technique de multiplication des plantes parmi tant d’autres, comme le bouturage, la division de touffe, le semis etc. Il présente l’avantage d’être très simple à mettre en œuvre, avec un excellent taux de réussite et est globalement bien adapté aux plantes vivaces. Nous avons déjà vu cette technique pour la multiplication de quelques plantes aromatiques. Intéressons nous ici aux fraisiers, framboisiers, cassissiers, groseilliers et ronces cultivées.

Le marcottage du fraisier

Le fraisier a la particularité de marcotter naturellement. En effet, après la production de fruits, il émet à partir du pied mère des stolons. Ce sont de longues tiges rampantes qui portent de jeunes et nouveaux plants. Lorsque chaque jeune plant rentre en contact avec la terre il émet alors des racines et donne un nouveau fraisier. Le jardinier peut alors sevrer le stolon étant donné que le jeune plant s’alimente désormais tout seul avec ses racines.

La stolonisation permet ainsi au fraisier de perpétuer son espèce en colonisant de cette manière particulière son milieu environnant.

Comment tirer parti de ces stolons ?

  • Soit, vous laissez les stolons coloniser leur milieu.
  • Soit, une fois que les jeunes plants ont pris racine dans la terre, vous décidez de les transplanter dans une nouvelle plate-bande.

Vous avez enfin l’option de mettre des godets (ou autre contenant) remplis de terreau sous les jeunes plants afin qu’ils émettent leurs racines dans ce milieu. Ils seront ensuite déplacés dans une nouvelle plate-bande. Je détaille cette technique dans cet article.

L’avantage certain de cette dernière option est que les plants vont très bien s’enraciner dans le terreau, ils seront ainsi bien développés pour la nouvelle plantation. Voici une photo de ce procédé appliqué dans mon jardin.

Jeunes plants de fraisiers issus de stolons

Jeunes plants issus de stolons repiqués dans du terreau.

Dans mon potager, j’ai découpé une plaque alvéolée rigide de 24 trous que j’ai remplie de terreau. J’ai mis les stolons à raciner dans ces alvéoles. Puis j’ai placé un petit crochet en fer à chaque jeune plant afin qu’ils restent bien en contact avec le terreau. Ensuite il est nécessaire d’arroser régulièrement pour bien favoriser l’enracinement des jeunes plants. Je conserve la plupart du temps un seul plant par stolon.

Marcotter le framboisier

Le framboisier se multiplie naturellement en drageonnant, du moins pour une grande partie de cultivars. Les drageons sont des nouveaux plants, que l’on appelle aussi des « rejets » et qui proviennent du pied mère. Ils sortent de terre à quelques dizaines de centimètres du pied-mère. Il est tout à fait possible de laisser vos framboisiers se multiplier de cette façon. Mais pour multiplier plus vite, par exemple si votre potager est récent, le marcottage est tout à fait approprié.

Plusieurs techniques sont adaptées au framboisier : le marcottage par couchage, des extrémités ou en serpenteau. La dernière façon pourra se faire si les rameaux de framboisiers sont suffisamment longs et souples.

Voyons en détails le marcottage par couchage pour le framboisier. Si vous préférez effectuer le marcottage des extrémités, je développe la technique ci-après pour la ronce cultivée. En pratique, on effectue ce marcottage au printemps, lorsque les nouvelles cannes sont malléables et assez longues.

  • Creuser un trou profond de quelques centimètres dans la terre.
  • Effeuiller la partie de la tige qui sera en contact avec la terre.
  • Disposer cette partie de tige effeuillée dans le fond du trou et recouvrir de terre. L’extrémité du rameau doit ressortir de terre.
  • Poser une pierre sur le rameau enterré pour éviter qu’il ne se déterre par force d’opposition.
  • Arroser de temps en temps.

Les racines des framboisiers viennent assez vite, vérifiez au bout d’un mois environ si elles sont émises et assez longues pour être sevrées.

Le marcottage des groseilliers et cassissiers

Le groseillier, qu’il soit à grappes ou à maquereau, ainsi que le cassissier peuvent se marcotter par couchage ou par buttage. Je conseille toutefois la première méthode qui mettra moins à mal la récolte des pieds mères. Il est tout à fait possible de marcotter plusieurs rameaux par plant. Idéalement on réalise cette opération à l’automne pour pouvoir sevrer et planter les nouveaux plants au printemps. Mais si vous avez raté le coche, vous pouvez aussi tenter de commencer les marcottes en fin d’hiver pour les sevrer en fin de printemps.

Voici comment procéder :

  • Sélectionner des rameaux sains, longs et proches du sol ;
  • effeuiller si besoin la partie de la tige à enterrer ;
  • inciser l’écorce à l’aide d’un couteau au niveau de la partie à enterrer ;
  • ameublir la terre puis creuser à 20 cm de profondeur et autant de longueur ;
  • placez le rameau au fond de cette tranchée puis le fixer avec des crochets métalliques ;
  • recouvrir de terre, arroser et terminer en fixant l’extrémité à un tuteur.
marcotter le groseillier à maquereau

Le groseillier à maquereau se marcotte idéalement à l’automne

Marcotter la ronce cultivée

Je parle ici du mûrier ou de la ronce cultivée, proche parent de la mûre sauvage mais donnant des fruits plus gros mais néanmoins moins sucrés et moins parfumés. Les techniques de marcottage par couchage, des extrémités ou en serpenteau sont appropriées. Bien que l’on puisse marcotter toute l’année par couchage, il est préférable de réserver cette méthode à l’automne, après la production des fruits. La méthode des extrémités se fera plutôt au printemps, au retour de la circulation de la sève et de la production de nouveaux rameaux vigoureux.

Nous avons vu comment pratiquer la méthode par couchage pour le framboisier, voyons ici comment pratiquer le marcottage des extrémités.

  • Au printemps, sélectionner un rameau d’un an ;
  • retirez les feuilles présentes sur l’extrémité de la tige, sur les quinze derniers centimètres ;
  • ameublir la terre et faire une petite tranchée profonde de 10 centimètre ;
  • enterrer et plaquer la pointe de la tige sur une longueur de 10 à 15 centimètres ;
  • reboucher de terre, tasser et arroser.

Après quelques mois, de nouvelles tiges vont sortir de terre, vous n’aurez plus qu’à les déterrer pour les replanter à l’endroit voulu.

Mûres de la ronce cultivée

La ronce cultivée se marcotte facilement