Connaissez-vous la technique du marcottage pour multiplier vos plantes ? C’est une des méthodes les plus faciles pour obtenir de nouveaux plants de vivaces ligneuses et semi-ligneuses. Nous allons voir ici comment marcotter les plantes aromatiques qui s’y prêtent particulièrement. Mais sachez que dans un jardin potager, un verger, et plus encore dans un jardin permacole, cette technique est adapté à de nombreuses plantes. Nous allons voir brièvement le principe de cette méthode avant de voir plus en détails le marcottage de six plantes aromatiques : l’estragon, l’origan, le romarin, la sauge, le thym et la verveine. Découvrez la technique illustrée en pas à pas pour la sauge.

Qu’est-ce que le marcottage ?

Le marcottage est une des méthodes les plus faciles de multiplication végétative. Elle a l’avantage de produire des plants sans qu’il ait besoin de toucher au pied mère. Le principe consiste à mettre une partie de tige en contact avec de la terre afin qu’elle émette de nouvelles racines. La partie marcotée continue à recevoir de la sève tant que la tige n’est pas sectionnée. Lorsque les nouvelles racines sont émises il suffit de sevrer en coupant la tige entre le pied mère et la nouvelle plante.

Il existe différentes techniques de marcottage : par stolons, par couchage, en serpenteau, par buttage ou en cépée, l’aérien et le marcottage des extrémités. Dans la suite de cet article nous allons voir surtout voir le marcottage par couchage.

Le marcottage par couchage

Principe du marcottage – Par Pearson Scott Foresman — Wikipédia

Marcotter les plantes aromatiques

Il n’y a pas d’intérêt à marcotter toutes les plantes aromatiques. Les annuelles et bisannuelles sont à ressemer tous les ans. Et pour multiplier ces dernières en cours d’année, d’autres techniques sont bien plus pratiques, par exemple le bouturage pour le basilic. D’autres plantes sont à multiplier en division de touffe, comme la mélisse et la menthe.

La technique du marcottage est avantageuse surtout pour quelques plantes vivaces, difficiles à bouturer, ou longues à se développer à partir d’un semis. Voyons maintenant comment pratiquer cette technique pour ces six plantes aromatiques.

L’estragon

L’estragon, Artemisia dracunculus, est plante vivace condimentaire de la famille des Astéracées à l’arôme bien particulier et puissant. Bien qu’un seul pied d’estragon puisse suffire à un potager, on peut être tenté de le multiplier pour en donner ou renouveler une vieille souche.

Nous pouvons marcotter l’estragon au printemps ou à l’automne. Celui du printemps apporte de meilleurs résultats.

  • En mai-juin, choisir de jeunes tiges vigoureuses que l’on couche dans un trou profond de 3 à 4 centimètres de profondeur.
  • Retirer préalablement les feuilles à l’emplacement de la partie à enterrer. La terre est ramenée puis on fixe la tige avec une pierre ou un cavalier métallique.
  • Placer également un petit tuteur sur l’extrémité de la tige pour que le futur plant prenne directement de la verticalité.

Il est recommandé d’attendre plusieurs mois avant de sevrer la marcotte. Cependant dans les régions fraiches il est préférable de sevrer à l’automne pour protéger le jeune plant du froid. Il sera idéalement mis en pot en attendant de trouver son nouvel emplacement. La plantation des jeunes plants se fera alors au printemps prochain.

L’origan

L’origan, Origanum vulgare, est une petite vivace de la famille des Lamiacées qui porte de petites feuilles ovales, vert foncé, au parfum bien épicé. Dans mon potager j’aime associer cette aromatique aux ceps de vigne. En cuisine, je préfère l’associer aux pizzas ! J’utilise une variété compacte, qui forme au bout de quelques années, un charmant petit tapis aromatique.

C’est une plante qui utilise une grande partie de son énergie à la production de métabolites secondaires : sa croissance est ainsi relativement lente. Plutôt que le multiplier par semis, le marcottage représente une solution bien adaptée. Le bouturage fonctionne également bien sur des jeunes rameaux, c’est donc une méthode à privilégier au printemps.

Le marcottage par couchage est pertinent pour l’origan. Cependant il est possible également d’utiliser la technique en cépée.

Il est possible de marcotter l’origan au printemps et à l’automne. La seconde période offre une bonne réussite.

  • A l’automne, effeuiller les parties de tiges de l’origan à mettre en terre.
  • Ameublir la terre et faire une tranchée de deux à trois centimètres de profondeur.
  • Disposer la tige d’origan effeuillée dans la tranchée et recouvrir de terre.
  • Si besoin fixer avec un crochet ou une petite pierre.
  • Ne pas oublier d’arroser si nécessaire.

Au printemps suivant, vérifiez si la tige à bien émise de nouvelles racines puis sevrez la marcotte.

Le romarin

Le romarin, Rosmarinus officinalis ou Salvia rosmarinus, est un arbuste persistant aromatique de la famille des Lamiacées. Il est peu exigeant quant au sol et pousse généreusement dans les jardins potager. Je l’apprécie particulièrement pour sa floraison à la fois précoce et tardive. A la sortie de l’hiver elle offre ainsi du nectar et du pollen aux butineurs. De même dès le début de l’automne, lorsque les floraisons estivales diminuent, le romarin prend le relais.

Cette fois encore, le marcottage par couchage est facile à mettre en œuvre pour multiplier le romarin.

Le marcottage du romarin se fait aussi bien à l’automne qu’au printemps.

  • Sélectionner un rameau sain de la partie basse de la plante.
  • Effeuiller la partie du rameau qui sera enterrée.
  • Creuser un trou avec un transplantoir et disposer le rameau de romarin dans le trou.
  • Combler de terre tout en veillant à ce que l’extrémité du rameau soit bien hors de la terre.
  • Disposer une pierre sur la partie enterrée pour éviter que le rameau ne sorte de terre.
  • Si besoin, placer un tuteur sur l’extrémité de la tige.

La marcotte a besoin d’environ 6 mois pour bien s’enraciner. Ainsi une marcotte d’automne pourra être sevrée au printemps.

La sauge

La sauge officinale, Salvia officinalis, est un sous-arbrisseau originaire du bassin méditerranée de la famille des Lamiacées. C’est une plante aromatique et médicinale aux feuilles duveteuses, d’un vert-gris typique et au goût bien particulier.

La sauge se multiplie par semis, bouture ou marcotte. Il faut compter au moins une année pour pouvoir récolter des feuilles sur un plant obtenu à partir de graines. Le bouturage est possible mais délicat à réussir. Le marcottage par couchage est, une fois encore, particulièrement adapté à la multiplication végétative de cette plante.

Deux possibilités pour marcotter la sauge : par couchage ou en cépée.

Tout dépend de votre objectif, si vous souhaitez de nombreux nouveaux plants, préférez le marcottage en cépée, sinon le marcottage par couchage sera suffisant pour obtenir quelques nouveaux plants. Vous procéderez exactement de la même façon que pour le romarin.

Le marcottage de la sauge officinale

1 et 2) Sur ce plant de sauge officinale, repérer un ou quelques rameaux à marcotter ; 3) Effeuiller la tige ; 4) Après avoir creusé quelques centimètres dans la terre, mettre en contact le rameau avec la terre ; 5) Recouvrir de terre et tasser ; 6) Disposer une pierre pour s’assurer que la tige ne se redresse pas. Ici la terre est assez humide, il n’y a pas besoin d’arroser.

Le thym

Le thym ordinaire, Thymus vulgaris, est un petit arbrisseau de la famille des Lamiacées dont les petites feuilles persistantes sont puissamment odorantes. Cette plante aromatique et médicinale s’utilise dans les plats mijotés ou en tisane.

Le thym a la particularité de se marcotter spontanément à partir de ses rameaux ligneux qui touchent le sol. Il est possible de l’aider un peu en plaçant des crochets çà et là sur les tiges ligneuses et en les insérant dans le sol. Ce n’est à faire que si vous souhaitez obtenir de nombreux nouveaux plants. Sinon vous pourrez obtenir quelques nouveaux plants tous les ans en laissant faire la nature.

Il est inutile de marcotter des rameaux herbacés, lesquelles sont plutôt à bouturer. Mais le bouturage du thym demande plus de ressources en eau (arrosages réguliers) que le marcottage.

La verveine-citronnelle

La verveine-citronnelle ou verveine odorante, Aloysia triphylla, est un arbuste aromatique à feuilles semi-persistantes de la famille des Verbénacées (une famille peu courante dans les jardins). La verveine est reconnue pour ses vertus digestives, rafraichissantes et stimulantes. Elle est ainsi utilisée dans les tisanes du commerce, mais les feuilles sont hachées et perdent malheureusement leurs meilleurs arômes. Testez la tisane avec vos propres feuilles séchées, vous verrez qu’elle n’a rien à voir. Une autre préparation possible est la liqueur de verveine, à consommer idéalement en digestif après un repas copieux…

Il est important de savoir que la verveine-citronnelle résiste à des températures de -5 à -8°C maximum. Selon votre région et la météo de l’année, il se peut ainsi qu’elle ne passe pas l’hiver si elle est cultivée en pleine terre et n’est pas protégée. C’est pourquoi le marcottage par couchage de la verveine est à réaliser préférentiellement au printemps afin de remiser les nouveaux plants (plus fragiles) pendant l’hiver. Si votre climat est peu ou pas gélif, vous pouvez marcotter du printemps à l’automne.

  • Sélectionner des tiges souples et jeunes, semi-ligneuses de préférence.
  • Effeuiller la partie de la tige à enterrer.
  • Creuser un trou et disposer la portion de tige au fond.
  • Ramener la terre en veillant à ce que l’extrémité de la tige soit bien hors de terre.
  • Disposer une pierre sur la partie enterrée.
  • Placer éventuellement un tuteur sur l’extrémité de la tige.