Les purins de plantes, également appelés extraits fermentés, sont des préparations naturelles utilisées au potager pour accompagner la croissance des cultures et, selon les plantes employées, répondre à différents besoins. Ortie, consoude ou prêle : chaque préparation possède ses particularités.
Découvrez comment fabriquer vos purins, choisir ceux qui correspondent à vos besoins et les utiliser correctement, en respectant les dilutions et les précautions nécessaires.
Chaque préparation répond à un besoin différent et s’emploie à un moment précis de la saison. Voici de quoi identifier celle qui convient à votre situation, avant d’ouvrir le guide détaillé.
Usage principal
Fertilisant riche en azote, pour soutenir la croissance des feuilles et des tiges.
Quand l'utiliser
En pleine croissance (début de saison, reprise après repiquage). À arrêter dès la floraison.
Dilution et application
Pulvérisation à 2–5 %. Arrosage au pied à 10 %, tous les 15 jours. Trempage des mottes à 20 %. Jamais pur.
Limites à connaître
Un excès rend les plantes trop vigoureuses, donc attractives pour les pucerons. Inutile en sol déjà riche. Effet sur les maladies à prendre avec prudence.
Usage principal
Fertilisant riche en potassium, pour la floraison, la fructification et la tubérisation.
Quand l'utiliser
De la floraison à la fructification des légumes-fruits, à la tubérisation des racines. Pas en début de saison.
Dilution et application
Pulvérisation à 5 %. Arrosage au pied à 10–20 %. Tous les 10 à 15 jours.
Limites à connaître
N'apporte pas d'azote : ne remplace pas le purin d'ortie pour la croissance du feuillage en début de culture.
Usage principal
Usage traditionnel de prévention de maladies fongiques, plante riche en silice.
Quand l'utiliser
Dès le printemps, en prévention, toutes les 2 semaines.
Dilution et application
Purin : 5 % en pulvérisation (10 % en début d'attaque). Décoction : jusqu'à 20 % sur arbres fruitiers.
Limites à connaître
Ne remplace pas les gestes à faire en cas d'attaque avérée. À éviter juste avant une forte pluie. La décoction ne se garde que quelques jours.
Les deux mots désignent la même préparation. Le terme « purin » est le plus répandu chez les jardiniers, mais « extrait fermenté » décrit mieux ce qui se passe réellement : les plantes hachées macèrent dans l'eau à température ambiante et fermentent pendant une à deux semaines.
Cette distinction a son importance, car une fermentation est un processus maîtrisé, à ne pas confondre avec une putréfaction. C'est le brassage quotidien et la filtration au bon moment qui font la différence. D'autres préparations, plus rapides à réaliser, répondent à d'autres besoins.
Plantes hachées dans l'eau froide, pendant 1 à 2 semaines. Préparation fermentée, à filtrer puis à conserver plusieurs mois.
Même principe, mais stoppée avant la fermentation : de 12 heures à 3 jours. Avec l'ortie, l'effet recherché est insecticide et insectifuge.
Plantes portées à ébullition puis laissées à infuser. Extrait davantage la silice de la prêle, mais ne se conserve que quelques jours.
Eau bouillante versée sur les plantes, puis refroidissement. Préparation la plus rapide, à utiliser dans la foulée.
La méthode est la même quelle que soit la plante employée. Seules la durée de fermentation et la période de récolte varient un peu d'une espèce à l'autre.
La proportion de référence est de 1 kg de plante fraîche pour 10 litres d'eau, de pluie de préférence car elle n'est pas calcaire. Préparez le tout dans un seau en plastique ou un pot en terre cuite, jamais dans un récipient métallique.
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Prélevez les plantes avant la montée à graines, dans des lieux éloignés des cultures traitées. Pour l'ortie, le mois d'avril est idéal.
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Coupez finement feuilles et tiges à la cisaille ou au sécateur. Cette étape accélère la fermentation et facilite la filtration.
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Ajoutez l'eau, couvrez d'un vieux linge qui laisse passer l'air, et placez le seau à l'ombre, à l'abri de la pluie.
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Remuez quotidiennement pour homogénéiser et libérer les gaz. Insistez quand les bulles sont les plus nombreuses.
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Quand les bulles ont disparu, filtrez avec une passoire fine ou un vieux drap. Cette étape évite que la préparation ne se putréfie. Les débris vont au compost.
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Versez dans un bidon rempli au maximum pour limiter l'air, à conserver au frais et à l'abri de la lumière. N'oubliez pas d'étiqueter.
Les bulles sont votre seul repère fiable. Elles apparaissent timidement les premiers jours, deviennent abondantes au plus fort de la fermentation, puis disparaîssent : le purin est alors prêt à filtrer. Comptez une semaine à une dizaine de jours, davantage par temps frais. Un purin qui sent la putréfaction a été filtré trop tard ou n'a pas été brassé assez souvent.
Un purin ne s'utilise jamais pur : il brûlerait vos plantes. Il se dilue toujours dans de l'eau, de pluie de préférence, et s'applique de trois façons selon l'effet recherché.
Sur le feuillage, pour fortifier les plantes. Dilution faible, de 2 à 5 % selon la préparation. Pulvérisez tôt le matin ou en soirée, jamais en plein soleil.
Au sol, pour fertiliser et nourrir la vie microbienne. Dilution plus forte, de 10 à 20 %. Comptez un apport tous les 10 à 15 jours.
Les mottes sont imbibées avant la plantation pour favoriser la reprise. Dilution à 20 %, avec le purin d'ortie.
Le pourcentage correspond à la part de purin dans le volume total. Pour obtenir X %, versez X centilitres de purin par litre de mélange, puis complétez avec de l'eau.
à 5 % : 250 mL de purin + 4,75 L d'eau pour un pulvérisateur de 5 litres.
à 10 % : 1 L de purin + 9 L d'eau pour un arrosoir de 10 litres.
à 20 % : 500 mL de purin + 2 L d'eau pour un seau de trempage.
Si vous mélangez deux purins, la dilution finale ne dépasse pas 5 % au total : par exemple 125 mL d'ortie et 125 mL de prêle dans 4,75 L d'eau.
La plupart des déceptions viennent de quelques écueils faciles à éviter, et d'attentes parfois trop larges vis-à-vis de ces préparations.
Un purin que l'on oublie de brasser ou que l'on filtre trop tard se dégrade. L'odeur devient franchement nauséabonde et la préparation perd son intérêt. Brassez tous les jours et filtrez dès que les bulles cessent.
Doubler la dose ne double pas les effets. Avec l'ortie, un excès d'azote produit un feuillage tendre et surabondant, qui attire les pucerons. Respectez les dilutions et espacez les apports.
Un purin d'ortie appliqué pendant la floraison pousse la plante à faire des feuilles plutôt que des fruits. À l'inverse, la consoude n'a guère d'intérêt en tout début de saison.
Appliquer des purins par habitude, sans regarder l'état des plantes ni la richesse du sol, conduit souvent à des apports inutiles, voire contre-productifs dans une terre déjà fertile.
Les effets fertilisants de ces préparations sont bien compris : l'ortie apporte de l'azote, la consoude du potassium, et ces éléments nourrissent les cultures comme le ferait un autre amendement liquide.
Les effets de protection sont plus discutés. Les usages traditionnels sont anciens et largement partagés entre jardiniers, mais les données scientifiques disponibles restent limitées et ne permettent pas d'annoncer une efficacité comparable à celle d'un traitement. Considérez-les comme un appui, dans un ensemble de pratiques : rotation des cultures, sol vivant, choix variétal, aération des plants et retrait rapide des parties atteintes. En cas d'attaque déclarée, ce sont ces gestes qui comptent d'abord.
Les purins ne sont qu'une famille parmi les préparations que l'on peut réaliser au jardin. Voici les autres ressources du site pour aller plus loin.
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Oui, c'est une pratique courante pour additionner les apports de plusieurs plantes. La règle est de garder une dilution finale de 5 % tous extraits confondus : par exemple 125 mL de consoude et 125 mL de prêle dans 4,75 L d'eau. Sur une culture de tomates, beaucoup de jardiniers commencent la saison à l'ortie, passent à un mélange ortie-consoude au moment de la floraison, puis à la consoude seule en fin de saison.