Je m’appelle Gilles Dubus et je suis maraîcher bio en Dordogne. J’anime également, à mes heures perdues (et oui, il y en a…), le Blog du Jardinier Bio, sur lequel je partage les quelques connaissances que j’ai pu acquérir au fil des ans.

C’est avec grand plaisir que je réponds aujourd’hui à l’invitation d’Aurélien à publier un article sur son blog.

J’ai souhaité partager ici quelques petites astuces qui, je pense, vous seront utiles pour réussir vos légumes au potager biologique.

3 astuces pour réussir toutes vos cultures

Commençons par 3 petits conseils applicables sur la plupart des cultures…

Trempez vos semences dans une décoction de prêle

Si vous faîtes vous même vos plants, vous avez certainement déjà subi la fonte des semis ; les plants s’étiolent, se couchent puis meurent rapidement.

Il existe une technique efficace pour éviter ces désagréments : tremper simplement les graines dans une décoction de prêle. Je vous indique avec précision comment faire cette préparation dans l’article que j’ai publié sur la prêle

Étalez vos semis

Les saisons sont parfois capricieuses. Alors que l’on pensait que le temps était idéal pour effectuer un semis, les conditions météorologiques changent brusquement et le semis ne prend pas…

Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ! Échelonnez vos semis.

En effectuant 3 ou 4 semis des différents légumes, non seulement, vous serez à peu près certain d’en réussir au moins 1, mais vous bénéficierez également d’une plus grande variété de légumes tout au long de l’année.

Paillez avec de la consoude

Le paillage permet d’économiser l’eau d’arrosage au potager et évite les phénomènes de lessivage des éléments nutritifs.

En paillant avec des feuilles de consoude, une plante particulièrement riche en potasse mais aussi en phosphore, azote et autres minéraux, vous enrichirez également de manière significative la terre de votre jardin.

2 astuces pour réussir vos carottes

Si vous cultivez déjà des carottes, vous savez que cette culture est délicate. En effet la carotte étant très lente à germer, de 15 à 30 jours selon la saison, le semis est très souvent envahi par les adventices avant même qu’il ne lève. Le travail de désherbage est alors des plus fastidieux, et pour peu que l’on prenne un peu de retard, peut même devenir impossible…certains d’entre-vous ont d’ailleurs, j’en suis persuadé, d’ores et déjà abandonné cette culture tant les résultats étaient décevants.

J’effectue pour ma part un dernier semis de carottes début juillet (les adventices sont alors moins présentes). Bon, je ne vous compte pas ce conseil comme astuce (c’est offert par la maison).

Voici donc les deux petites astuces qui vous faciliteront la vie (Attention, les 2 procédés ne sont pas applicables en même temps ; c’est l’un ou l’autre) :

Semez des radis en même temps que les carottes

Les radis étant sortis, j'ai pu sarcler entre ligne. Ainsi, le semis de carottes est bien net...

Quand vous faites un semis de carottes, semez également des radis sur une ligne parallèle distante de 3 ou 4 cm.

Les radis sortiront beaucoup plus rapidement et marqueront ainsi clairement le rang de carottes (qui se situent donc juste à côté). Vous pourrez alors sarcler entre les lignes de culture avant même la levée des carottes, ceci afin d’éliminer les adventices. Ainsi, les carottes sortiront sans être déjà envahies.

Vitres sur semis et désherbage thermique

Placez des vitres sur le début de vos semis et effectuez un passage au désherbeur thermique sitôt après la levée sous la vitre

Désherbeur thermique et vitres posés sur les semis de carottes et d'oignons

Désherbeur thermique et vitres posés sur les semis de carottes et d’oignons

Après avoir semé vos carottes, placez une vitre sur le début de la ligne de semis. Cela aura pour effet de hâter la levée.

Surveillez cette vitre. Dès que vous verrez apparaître les premiers plantules de carottes sous la vitre, passez le désherbeur thermique sur le reste de la culture. Les plantes adventices seront ainsi détruites juste avant la levée des carottes qui sortiront donc dans une terre « propre ».

Cette technique peut également être appliquée utilement aux semis d’oignons ou de panais.

Avertissements : le désherbage thermique doit être effectué dans les 2 jours. Si vous attendez plus, vous risquez évidemment d’éliminer également les jeunes pousses de carottes !

2 astuces pour réussir vos poireaux

Le poireau n’est pas une culture très difficile en soi. Voici deux petites astuces qui vous permettront de récolter des poireaux avec de longs fûts blancs et surtout indemnes de la teigne.

Faites sécher vos plants de poireaux avant de les planter

Pépinière de poireaux

Pépinière de poireaux

Le ver du poireau (teigne) cause souvent des dégâts. Outre l’association avec les carottes, il existe également une technique efficace permettant de se prémunir de ce ravageur.

Après avoir raccourci vos plants de poireaux en vue de les planter, mettez-les à sécher à mi-ombre pendant 48 heures. Ils vont ainsi s’endurcir, ce qui empêchera le ver du poireau du pénétrer.

Ne vous inquiétez pas de l’aspect des plants après le séchage, ils reprendront rapidement vigueur après mise en terre (et un bon arrosage bien sûr).

Plantez vos poireaux au fond d’un sillon

Vous rêvez de cultiver des poireaux aux fûts longs et blancs. Rien de plus simple : creusez un sillon de 10/15 cm de profondeur et plantez vos poireaux au fond.

Un premier sarclage entre lignes quelques jours après la plantation aura pour effet de reboucher le sillon. Buttez ensuite les poireaux comme il se doit. La partie enterrée sera alors d’une trentaine de cm…c’est autant de blancs de poireau à déguster.

3 astuces pour réussir vos tomates

Tous les jardiniers adorent cultiver des tomates. Mais combien de fois n’ai-je pas entendu « le mildiou a tout détruit » ou encore « cultiver des tomates pour ne récolter qu’au mois d’août, c’est beaucoup de travail pour pas grand chose »…je vais donc ici vous donner quelques petits trucs qui devraient vous plaire.

Repiquer vos plants de tomates des l’apparition des premières feuilles vraies

De nombreux ouvrages préconisent de repiquer les tomates au stade de 3 ou 4 feuilles vraies. S’il faut en effet opérer ainsi pour la plupart des légumes, c’est une erreur pour ce qui concerne les tomates ou les aubergines…à moins que vous ne vous satisfaisiez de ne récolter vos premières tomates qu’à partir de la fin juillet, voire même en août pour les régions plus fraîches ?

En fait, plus vous retardez le repiquage, plus vous retardez également la floraison des tomates et, par voie de conséquence, la récolte.

Il convient donc de repiquer les plantules dès l’apparition des premières feuilles vraies (à ne pas confondre avec les cotylédons qui sont les petites feuilles simples apparaissant à la levée du plant). Vous pourrez ainsi récolter des tomates au moins 15 jours plus tôt !

Évitez de toucher les tiges lors du repiquage

J’ai souvent réagi en regardant des vidéos nous expliquant comment repiquer nos plants de tomates. Aïe ! Presque tous font ce qu’il ne faut surtout pas faire…toucher les tiges des jeunes plantules.

En effet, de la partie de la tige que l’on enterre au repiquage ou à la plantation définitive se forment de nouvelles racines, ce qui a pour effet de fortifier considérablement la plante. Mais si l’on froisse, même très légèrement cette tige (ce qui est inévitable en prenant la tige entre ses doigts), on empêche ces racines de se développer.

Je vous montre comment faire dans cette petit vidéo (le repiquage s’effectue normalement à plat sur une table, ce qui est beaucoup plus aisé – sur la vidéo, je prends le godet dans les mains pour une meilleure visibilité) :

Ne taillez pas vos plants de tomates

La plupart des maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, alternariose…) pénètrent dans le pied de tomate par les plaies dues à la taille.

Pour éviter cela, je ne taille plus mes plants de tomates. Et, en effet, mes cultures sont en général absolument indemnes de maladies.

Mais ce qui est plus surprenant encore, c’est que les plants non taillés sont beaucoup plus productifs que ceux dont j’ai supprimé les gourmands (j’en taille toujours quelque uns pour comparaison). Certes, les fruits sont parfois légèrement plus petits (pas toujours d’ailleurs) mais cette baisse de calibre est largement compensée par la profusion de fruits et la plus grande longévité des pieds (il m’est arrivé de récolter mes dernières tomates à Noël, sous serre bien sûr).

Notez qu’il convient d’apporter une fertilisation en conséquence, l’envergure des pieds et la quantité de tomates pouvant être réellement impressionnantes.

Il semblerait que cette technique soit plus aléatoire au nord de la Loire, les fruits pouvant alors du mal à mûrir. Vivant en Dordogne, je n’ai pour ma part jamais remarqué de retard dans la maturation.