Les chrysopes – Attirez-les au potager !
La chrysope, joliment appelée demoiselle aux yeux d’or, l’est beaucoup moins aux yeux des pucerons ! En effet 500 d’entre eux peuvent être dévorés par une seule chrysope au cours de son cycle larvaire. C’est donc tout naturellement que le jardinier bio cherche à attirer les chrysopes dans son potager ! Je vous invite à découvrir à travers cet article les mœurs de cette redoutable demoiselle et de voir comment il est possible de l’attirer au potager.
Quelques généralités
Les chrysopes sont des insectes de l’ordre des Névroptères et de la famille des Chrysopidés. On compte 25 espèces de chrysopes en France, parmi les plus présentes citons :
- Chrysoperla carnea, souvent utilisée en lutte biologique
- Chrysoperla lucasina, dominante dans le sud de la France
- Chrysoperla affinis, dominante dans le nord de la France


Alimentation
Premièrement, les larves de chrysopes sont entomophages, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de pucerons, de thrips, de jeunes chenilles, d’acariens, de larves de cochenilles etc. Ainsi, elle peut se nourrir des autres insectes auxiliaires. Elles ne sont pas difficiles !

Deuxièmement, les chrysopes adultes se nourrissent de pollens et nectars mais également de miellat et de fèces d’homoptères (pucerons, cochenilles). D’autres genres comme Chrysopa perla se nourrissent aussi d’insectes au stade adulte.

Cycle de vie
Les chrysopes adultes passent l’hiver à l’abri, dans les tas de bois, les tas d’herbes sèches, de feuilles mortes.
Au printemps les femelles pondent leurs œufs sur les feuilles. Les chrysopes posent leurs œufs sur des filaments très fins, ce qui permet de les protéger de certains ravageurs.
A partir de la mi-mai on peut observer les premières larves mais c’est durant les mois de juin et juillet que leur présence est la plus importante.
A l’automne, une fois leur croissance terminée les larves entrent en nymphose pour se transformer en adulte.
Habitât
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
Hivernage (de novembre à février) :
Les chrysopes adultes hivernent naturellement dans les tas de bois. Elles peuvent aussi hiverner dans vos habitations et abris de jardin. Toutefois il arrive que les adultes sortent l’hiver pour se nourrir de grains de pollens des plantes qui fleurissent en hiver (Ex Géranium, noisetiers).
Strates hautes (de mars à mai) :
Au printemps les chrysopes se nourrissent principalement du pollen et du nectar des strates arbustives et arborescentes.
Strates hautes et basses (de juin à octobre) :
Les chrysopes sont présentes dans la végétation basse comme la haute. Elles sont donc bien présentes dans les cultures où elles pondent leurs œufs et où les larves sont actives.
Comment attirer les chrysopes au potager ?
Pour attirer les chrysopes, la première règle est simple : éviter les traitements insecticides, même naturels. En supprimant les pucerons et les autres petites proies dont se nourrissent leurs larves, on réduit fortement l’intérêt du potager pour ces auxiliaires. Un jardin trop “propre”, sans proies disponibles, attire peu de prédateurs.
La présence d’arbres, d’arbustes et de haies à proximité du potager favorise aussi leur installation. Les chrysopes adultes sont discrètes en journée : elles se reposent volontiers sous les feuilles, dans la végétation dense ou à l’abri du vent. Une haie diversifiée, composée d’essences locales, de petits fruitiers, d’arbustes fleuris ou de végétaux persistants, leur offre donc des zones de refuge.
Il est également utile de conserver quelques zones enherbées ou des bordures moins travaillées autour du potager. Ces espaces abritent une petite faune variée et participent à l’équilibre général du jardin. Ils servent de relais entre les cultures, les haies et les zones fleuries.
L’autre levier essentiel consiste à proposer des floraisons étalées sur toute la saison. Les chrysopes adultes consomment du nectar, du pollen et du miellat. Plus les fleurs sont présentes longtemps, plus elles trouvent de quoi se nourrir avant de pondre à proximité des colonies de pucerons ou d’autres ravageurs.
Enfin, il est possible de leur offrir un abri pour l’hiver. Les chrysopes adultes hivernent dans des lieux secs et protégés : tas de feuilles, haies, écorces, abris à insectes ou refuges spécifiques. Installer un ou plusieurs refuges à proximité du potager peut donc compléter utilement l’aménagement, surtout si le jardin manque encore de haies ou de zones naturelles.
Quelles plantes attirent les chrysopes au potager ?
Les chrysopes adultes se nourrissent principalement de nectar, de pollen et de miellat. Pour les attirer au potager, il faut donc leur offrir des fleurs accessibles, présentes sur une longue période. Les larves, elles, sont prédatrices : elles consomment notamment des pucerons, des cochenilles, des aleurodes, des thrips et parfois de jeunes chenilles.
L’objectif n’est donc pas seulement de faire venir les chrysopes ponctuellement, mais de leur donner de bonnes raisons de rester, de se nourrir et de pondre à proximité des cultures sensibles.
Parmi les plantes les plus intéressantes pour attirer les chrysopes, on peut citer :
La phacélie
Très mellifère, la phacélie produit une floraison bleue abondante qui attire de nombreux insectes auxiliaires. Elle peut être semée en bordure, en inter-rang ou sur une parcelle temporairement libre. Elle a aussi l’avantage de couvrir rapidement le sol.
La bourrache
Facile à semer, la bourrache fleurit longtemps et se ressème souvent spontanément d’une année sur l’autre. Ses fleurs attirent de nombreux pollinisateurs et auxiliaires. Au potager, elle s’intègre bien en bordure ou entre des cultures assez vigoureuses.
Le fenouil, l’aneth et la coriandre
Ces plantes de la famille des Apiacées produisent des fleurs en ombelles, particulièrement accessibles aux chrysopes adultes. Elles attirent aussi des syrphes, des micro-guêpes parasitoïdes et d’autres auxiliaires utiles. Il suffit de laisser quelques plants monter en fleurs pour créer une zone très attractive.
L’achillée millefeuille
Vivace robuste, l’achillée offre une floraison prolongée, souvent de juin à septembre. Ses petites fleurs regroupées sont bien adaptées aux insectes auxiliaires. Elle convient très bien aux bordures permanentes, aux haies basses et aux zones un peu plus sauvages du jardin.
Le souci, ou Calendula officinalis
Incontournable du potager bio, le souci fleurit longtemps et se ressème facilement. Il attire plusieurs auxiliaires et permet d’apporter de la diversité florale au milieu des légumes. Son intérêt est surtout renforcé lorsqu’il est présent en plusieurs points du potager, plutôt qu’en un seul massif isolé.
On peut aussi laisser fleurir certaines plantes potagères ou aromatiques comme la carotte, le panais, le céleri, la livèche, le persil, le cerfeuil, l’origan, le thym, la menthe ou la mélisse. Ces floraisons, souvent très visitées, participent à créer un environnement favorable aux chrysopes et aux autres auxiliaires.
Le principe est simple : plus les floraisons sont diversifiées et étalées de mars à octobre, plus les chrysopes trouvent de quoi se nourrir au fil de la saison. Pour cela, il vaut mieux associer des annuelles faciles à semer, comme la phacélie, la bourrache, l’aneth ou le souci, avec quelques vivaces installées durablement, comme l’achillée, l’origan ou la mélisse.
Dernier point important : attirer les adultes ne suffit pas toujours. Pour que les chrysopes pondent dans le potager, il faut aussi qu’elles trouvent des proies pour leurs larves. Une petite présence de pucerons, tolérée sur quelques plantes relais comme la capucine ou certaines adventices non gênantes, peut donc contribuer à maintenir ces auxiliaires sur place.
Comment les aider durant l’hiver ?

Pour aider les chrysopes durant la période hivernale vous pouvez leur construire un abri. Pour cela procurez vous une boite en bois (non traitée). Percez-la sur une face de trous de 1.5cm de diamètre. Veillez à placer cette face en retrait pour protéger l’intérieur de la pluie. Remplissez le refuge de paille et nettoyez l’abri tous les ans avant de le réinstaller à la fin de l’été.
D’une manière générale il vaut mieux plusieurs petits abris disposés à divers endroits dans le potager qu’un grand hôtel à insectes à un seul endroit. Avec ces petits abris il sera plus facile d’attirer les chrysopes et de les garder dans votre potager.

Bonsoir Aurélien,
Un superbe insecte, bien utile !
Merci pour ce partage de connaissances (je me coucherai moins bête ce soir !)
A bientôt,
Gilles
Bonjour Aurélien
Merci pour cette communication très professionnelle sur la chrysope.
je me présente:
Je suis le créateur de l’entreprise IF TECH spécialisée dans la protection biologique des plantes:
insectes auxilliaires et champignons symbiotiques
Si vous voulez plus d’informations pour vous et vos lecteurs sur nos solutions de protection biologique n’hésitez pas à me contacter, je me ferais un plaisir de vous répondre.
Si cela peut intérésser vos lecteurs ,nous commercialisons aussi des oeufs de chrysope sur des bandelettes cartonnées,sur http://www.iftech.fr
Cordialement
Christian HECKER
J’ignorais le nom de cet insecte que j’adore depuis toujours et dont la couleur verte électrique m’enchantait enfant…
Mon instinct était bien positif à son encontre et j’en comprends maintenant de le sens…
Enfin je connais le nom de cette petite fée que je protégeais depuis toujours par intuition.
Mais hélas je survis en appart’ maintenant et ne sais comment protéger cet insecte lorsqu’il reste chez moi, ainsi que les coccinelles. Comment peuvent-ils tous vivre en appartement ?
J’ai seulement des plantes vertes que je ne traite pas chimiquement.
Merci.
Bonjour,
A vrai dire je ne me suis jamais posé cette question car je ne l’ai jamais envisagé. Je ne pense pas que l’appartement soit vraiment adapté aux coccinelles et chrysopes car ça ne leur permet pas d’hiverner ni d’être dans leur milieu naturel. Il vaut mieux à la rigueur disposer un petit hôtel à insectes sur le balcon. Une question me chiffonne, vous leur donnez quoi à manger ?
A bientôt et merci pour votre commentaire
Aurélien
Super article ;)
J’ai acheté mes chrysopes chez anijardi.com, efficacité redoutable sur mes rosiers infectés de pucerons ;-)
Joli nichoir mais pourquoi ne pas proposer tout simplement de faire un tas de branches dans un coin du jardin ? Cela plaira aussi aux carabes et aux hérissons.
La nature ne vit pas dans un rêve de photographe de magazine, elle a besoin d’un peu de « désordre ».
Très juste votre remarque !
Je me bats aussi contre cette idée du tout homogène et bien rangé (voir mon dernier article sur la tomate) mais là vous m’avez eu ;)
Un de mes auxiliaires préférés au jardin potager !
Je te rejoins totalement quand tu dis « Tout d’abord en ne traitant pas ! En détruisant leur nourriture elles ne viendront pas c’est certain ». Je reçois beaucoup de mail et de demande de jardiniers qui m’explique qu’ils n’observent pas d’auxiliaires dans leur jardin et qu’ils traitent en attendant. Je leur explique alors que c’est se tirer un balle dans le pieds. Les insectes (ont pourrait quasiment tous les considérer comme des auxiliaires en fonction de leur rôle dans l’écosystème), n’auront aucunes raisons de venir de venir dans notre jardin potager s’ils n’ont pas de sources de nourriture !
4.5