Le contexte de la crise écologique que nous vivons actuellement ne laisse (à priori) personne indifférent. Beaucoup manifestent leurs préoccupations sur l’avenir de l’humanité mais combien d’entre-nous agissent véritablement ? Axée sur le respect du vivant et adhérant au principe du partage, la permaculture est une philosophie ou un mode de vie qui se développe. Parcourez cet article pour vous initier à la permaculture.

Origine de la permaculture

La permaculture est la contraction de “permanent agriculture” en anglais, terme inventé en 1975 par Bill Mollison, un forestier et scientifique australien. Il émet les principes de la permaculture en se basant sur l’observation des forêts et des aborigènes d’Australie. C’est la forêt elle-même qui constitue sa source d’inspiration pour ce qui est de la diversité des cultures et de leur interactions positives. Il créé alors cette méthode de conception globale dont l’objectif est de créer des écosystèmes comestibles. L’agriculteur japonais Masanobu Fukuoka est l’autre pionnier de la permaculture.

Dans les années 1980, ce terme ne se plus limité à l’agriculture. Il est devenu une méthode qui contribue à promouvoir le développement durable. Il met en relation les activités humaines et leurs impacts sur l’écosystème.

Les principes de la permaculture

L’éthique de la permaculture peut se résumer ainsi :

Prendre soin de la Terre

Prendre soin des personnes

Partager équitablement

La permaculture fonde ses exigences sur trois points. Dans le but de protéger l’écosystème naturel, elle vise à préserver l’environnement tout comme la biodiversité naturelle. Ensuite elle ambitionne la constitution d’une communauté dont le bien-être aussi bien individuel que collectif est primé. Enfin elle promeut le partage équitable des ressources et la redistribution des surplus, dont les bénéficiaires ne sont autres que l’Homme et l’environnement.

Quelques exemples par domaines

Dans le domaine de l’agriculture et du jardinage, c’est la diversité des espèces qui est importante et notamment la quantité d’interactions positives entre les espèces. A l’instar de la forêt, le sol est couvert en permanence, par exemple de cultures potagères, de couverts végétaux, de paillis organique. Un modèle largement développé en permaculture est celui du jardin-forêt dans lequel s’associent les arbres, les plantes grimpantes, les buissons, herbes et légumes.

En ce qui concerne l’habitat et la construction, les matériaux à faible impact écologique et locaux sont favorisés. Sa consommation en énergie devrait être limitée au strict minimum tout comme son empreinte écologique.

Pour ce qui est de l’économie, il faut promouvoir les organisations associatives. Le but est de générer des circuits courts tout comme la solidarité dans une communauté. Les liens sociaux peuvent facilement être renforcés.

Le jardin nourricier en permaculture

Dans le domaine de l’agriculture et du jardinage, nous pouvons définir la permaculture ainsi :

La permaculture est une méthode culturale qui consiste à cultiver la terre en continu sans jamais laisser le sol à nu et en usant de chaque caractéristique des cultures et de l’environnement pour maintenir la fertilité de l’agrosystème.

Ainsi, en permaculture, l’objectif du jardinier est multiple, il se doit :

  • D’augmenter la diversité en multipliant ou en gérant intelligemment les plantes naturellement adaptées au milieu ;
  • limiter au maximum les intrants (faire avec l’existant) ;
  • se concentrer sur le design, c’est-à-dire la conception du lieu et son évolution.

Il faut donc considérer le jardin de manière globale et commencer observer chacune des zones. Quelles sont les plantes actuelles comestibles ? Se plaisent-elles à l’endroit où elles poussent ? Avec qu’elles plantes sont-elles associées et poussent elles bien ensemble ? Y a t’il des végétaux qui tombent facilement malades ? Y a t’il des endroits qui pourraient accueillir d’autres espèces comestibles ?

Par exemple, un mur exposé au sud convient bien à la plupart des arbres fruitiers. Au pied de ces fruitiers on peut intégrer des plantes aromatiques, un couvert végétal, un paillis de BRF etc.

fruitiers cultivés à proximité d'un mur

Des pommiers en palmette cultivés sur un mur exposé sud-ouest

Le potager en permaculture

Le potager en permaculture a pour objectif est d’avoir des fruits et des légumes sains sans nuire à la nature et en l’intégrant à votre environnement. Toutefois, les techniques pour respecter ces principes ne sont pas toujours faciles à appliquer. Nombreux sont ceux qui ont abandonné n’ayant pas suffisamment de patience pour arriver jusqu’au bout.

Il est par exemple préférable de mettre le potager à proximité d’un habitat étant donné qu’il demande beaucoup de soins. Il est nécessaire de limiter l’intervention humaine et d’avoir un peu d’espace plus ou moins sauvage pour cela.

De nombreux paramètres sont à considérer, dont le contexte dans lequel vous vous trouvez sur le plan climatique, géographique, topographique, pédagogique, financier et humain. Il est aussi essentiel de définir à l’avance vos objectifs et jusqu’où vous êtes prêt à aller pour les atteindre. Pour mieux vous informer à ce propos, vous pouvez trouver des ressources sur jardinaddict.com.

Quelques conseils pratique

Voici une liste non exhaustive parmi les techniques à adopter pour vous y mettre :

  • Conserver l’humidité du sol. Dans le but de respecter l’écosystème, ne laissez jamais le sol sec. Essayez de toujours conserver son humidité en utilisant un élément pour le recouvrir. Il peut s’agir d’un paillage organique (foin, paille, bois broyé, etc.) d’une espèce vivante couvre-sol ou d’un matériau minéral qui inclut pierre et ardoise.
  • Créer un point d’eau que ce soit un petit bassin, une mare ou un ruisseau afin de fournir de l’eau aux plantes et aux animaux. Un point d’eau génère un microclimat favorable dans votre jardin et accueille la biodiversité.
  • Associer les plantes d’une façon optimale. Plantés ensemble, certains végétaux agissent entre eux d’une façon vertueuse, ils s’entraident. En permaculture on parle de guildes végétales.
  • Éviter le labour du sol en utilisant des techniques de sol vivant. Améliorer la structure et la vie de votre sol en cultivant des couverts végétaux, en apportant du compost et en protégeant votre sol d’une couche de matière organique. Si vous débutez, disposer du carton humide ou du papier journal au niveau de l’endroit où vous prévoyez de cultiver votre potager est une méthode facile à mettre en œuvre. Les vers de terre qui apprécient beaucoup le carton travaillent naturellement la terre. Une couche de matières organiques et de compost, recouverte de paille pour que le tout reste humide, génèrera à un sol bien riche.
  • Ne jamais utiliser de produits chimiques. Que ce soit pour les pesticides, les fongicides ou l’engrais, optez toujours pour les produits naturels. Créer une oasis favorable aux auxiliaires
Une mare dans un jardin

Une mare dans un jardin permaculturel – © Irène Kightley

La permaculture : un modèle économique viable

L’investissement dans le monde du maraîchage n’est pas toujours à la portée de tous. Ce qui n’est pas le cas du maraîchage bio intensif. En effet, une surface limitée de terre à cultiver manuellement suffit pour accueillir de multiples fruits et légumes à écouler sur des circuits courts au public. Pour aboutir à une productivité optimale, il suffit d’apporter un grand soin à la culture.

Certains agriculteurs s’endettent fortement en faisant d’importants investissements au fil du temps. Pourtant, le micro-maraîchage biologique intensif suffit amplement pour avoir un revenu pouvant couvrir les besoins d’un agriculteur. En respectant le principe de la permaculture, ce dernier n’a besoin d’aucun intrant chimique, ni pour les insecticides et les fongicides, ni pour les engrais. En effet, en inventant la permaculture, l’objectif  de Bill Molisson était de créer des lieux autonomes. C’est la même chose avec les engins mécaniques qui sont absents, car tout se fait manuellement, du moins le plus possible. De ce fait, l’investissement est considérablement limité.

L’espace de culture est optimisé et organisé d’une façon optimale pour une meilleure productivité. Les éléments mis en culture sont très diversifiés et rien ne se perd dans le but d’utiliser l’espace dédié tout au long de l’année.

Les tendances positives des résultats des études liées à la viabilité de ce modèle économique encouragent de nombreux agriculteurs à s’y mettre sérieusement. C’est valable à la campagne comme en ville. En effet, de plus en plus d’individus se mettent de nos jours aux jardins partagés tout comme aux toits végétalisés.