Le persil, qu’il soit plat ou frisé, est l’herbe aromatique la plus couramment cultivée au potager et assurément la plus utilisée en cuisine, en qualité de plante condimentaire. Pourtant la culture du persil réserve parfois quelques mauvaises surprises : un semis qui ne lève pas, des feuilles qui jaunissent ou se décolorent, des plants qui se fatiguent ou qui montent en graines.

Rassurez-vous, tous les jardiniers, même les plus aguerris, ont déjà rencontré au moins l’un de ces problèmes. Nous allons voir les bonnes pratiques de culture pour obtenir du beau persil presque toute l’année. Vous allez découvrir comment hâter facilement et efficacement la germination du persil, vous saurez comment en avoir à disposition en automne-hiver, et bien d’autres conseils !

Le persil, plante aromatique et condimentaire

Le persil, Petroselinum crispum, est une plante herbacée, semi-rustique et bisannuelle généralement cultivée comme annuelle. Il fait partie de la grande famille des Apiacées, au même titre que le fenouil, la coriandre, le céleri, la carotte, etc. Cultivé en tant qu’aromate et condiment, nous distinguons deux types de persil : le plat aux feuilles lisses, également nommé persil de Naples, et le frisé aux feuilles crispées. Les jardiniers avertis cultivent en plus le persil tubéreux, pour sa racine charnue en forme de carotte et donc en qualité de légume-racine. Le persil japonais ou shiso est quant à lui une autre espèce (Perilla frutescens), moins connue et cultivée dans les potagers occidentaux. Le persil arabe ou le persil chinois sont deux autres noms de la coriandre.

Les Grecs de l’Antiquité et les Romains l’utilisaient pour la décoration des plats et croyaient que les brins de persil stimulaient l’appétit et apportaient joie de vivre.

Au jardin, le persil atteint 25 à 30 cm de haut la première année de culture pendant laquelle uniquement le feuillage et les racines se développent. La tige est rameuse et émet de nombreux pétioles striés et creux d’un côté, ils portent des feuilles triangulaires découpées en bordure de limbe. La seconde année, des tiges florales de 60 à 80 cm apparaissent, elles portent des fleurs d’un vert jaunâtre disposées en ombelles. Elles donnent après deux mois de petites graines noires dont la viabilité est d’environ deux ans.

les différents types de persil : frisé, plat et tubéreux
Persil frisé © Joyce Collins – Persil plat © Penny Laich – Persil tubéreux © Cookingsoftwareoz

Les bienfaits du persil

Le persil est une plante contenant de multiples antioxydants, de nombreux minéraux dont du fer, diverses vitamines (acide folique, bêta carotène, vitamine C, etc.). Il est d’ailleurs connu pour sa richesse en vitamine C. Si bien que l’on compare souvent le persil avec l’orange. Cette dernière contient 50 mg de vitamine C pour 100 g et le persil 133 mg pour 100 g. Certes le persil contient proportionnellement plus de vitamine C que l’orange, mais je pense que vous conviendrez qu’il est plus agréable de manger 100 g d’orange que 100 g de persil ! Sinon nous avons l’option du jus de persil, mais pour en faire régulièrement il va falloir prévoir quelques rangs dans le potager.

Oublions la mono-diète de persil à cette fin, l’important est de manger varié et sain à l’image d’un potager tout aussi diversifié ! Sans compter que les feuilles du persil mais surtout ses graines contiennent une huile essentielle aux propriétés puissantes, l’apiol. Cette molécule est irritante et possiblement toxique à forte dose. Cette huile essentielle était d’ailleurs utilisée pour ses propriétés d’antipériodique, emménagogue, fébrifuge et abortive.

En résumé sur les vertus du persil, il est bon pour la santé, et nous pouvons en consommer régulièrement, mais il ne faut pas en abuser. D’ailleurs comme le disait Paracelse : « Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison.« 

Les variétés de persil plat et frisé

Il n’y a pas une grande diversité de variétés contrairement à d’autres espèces potagères ou aromatiques. Voici les plus courantes :

  • Commun ou simple, commun 2, une variété ancienne a feuillage plat et peu découpé, de croissance vigoureuse ;
  • Géant d’Italie, une autre variété à feuillage plat, à grand développement et très productive ;
  • Frisé ou Frisé vert foncé, à feuillage fortement découpé et frisé, de taille moyenne ;
  • Alto, à feuillage fortement frisé, de bon développement et bonne résistance au froid ;
  • Grüne Perle, à feuillage frisé, de bonne résistance au froid ;
  • Green Forest, variété à feuillage frisé, bien adaptée à la sécheresse.

Culture du persil

Le persil pousse dans toute l’Europe, il apprécie le plein soleil et supporte la mi-ombre. Côté terre, il apprécie qu’elle soit riche, humifère, profonde, fraiche et bien drainée.

Le persil n’apprécie guère la transplantation à racines nues, le semis en pépinière est donc à oublier. Le semis direct permet d’obtenir les plus beaux plants mais la levée est longue et demande une attention régulière. Un bon compromis est de semer en godets ou en mottes puis de repiquer les plants au potager, en jardinière ou en pot. Il est possible également d’acheter des jeunes plants à planter.

Pour fournir du persil régulièrement afin d’agrémenter les plats, il faut compter au minimum six beaux plants par famille de quatre personnes.

Persil en pleine terre au printemps

Choisir vos plants

Si vous êtes pressé, procurez-vous directement des jeunes plants en jardinerie. Pour les replanter au jardin, il est préférable de trouver des godets ou des mini-mottes de plants individuels plutôt que des pots garnis de nombreux plants. Ces derniers sont trop serrés les uns des autres, il est difficile de les séparer sans les abimer, et leur reprise sera plus difficile étant donné qu’ils n’aiment pas le repiquage à racines nues.

Lorsque vous achetez des plants de persil, optez pour des plants robustes, bien rameux à la base du plant et d’un vert éclatant. Évitez ceux dont les feuilles sont pâles ou jaunâtres. Examinez le terreau qui doit être sans moisissures, les racines ne doivent pas être trop denses, ni enroulées et trop longues, signe qu’elles attendent depuis un bon moment. Elles doivent être blanches et peu ou pas enroulées dans le godet.

Comment avoir du persil en hiver ?

Pour avoir du persil à disposition en hiver, il est préférable d’en semer en été et de l’abriter avant les premières gelées automnales. Pour cela, vous avez plusieurs options :

  • Semer en pot à la fin de l’été ;
  • fin d’été – début automne, faire un semis en pleine terre en serre froide ou sous châssis ;
  • semer en pleine terre plein air, puis protéger avec du voile d’hivernage à l’annonce des gelées.

Optez pour les variétés plus rustiques, comme nous l’avons évoqué ci-dessus, les persils frisés Alto et Grüne Perle sont bien adaptés à la culture du persil d’hiver.

Du persil en pot

Vous pouvez cultiver le persil en pot à l’intérieur en hiver ou sur votre balcon ou terrasse du printemps à l’automne. Comptez au moins 5 heures d’ensoleillement quotidien et une température d’environ 20°C. Les pots doivent faire au minimum 10 cm de diamètre pour permettre un développement normal des plantes. Un pot 15 cm ou plus est encore mieux. Voici comment procéder :

  1. Remplissez votre pot à 1 ou 2 cm du bord d’un bon terreau horticole et que vous humidifiez par immersion dans de l’eau tiède ;
  2. semez une dizaine de graines dans chaque pot (il est possible de tremper les graines préalablement, voir ci-dessous) ;
  3. placez votre pot sous lumière indirecte jusqu’à la germination, et maintenez le substrat humide ;
  4. après la levée des graines, placez le pot en plein soleil, sur le rebord d’une fenêtre, dans une véranda, etc.

Par la suite, éclaircissez et conservez uniquement les six plus belles plantules du pot.

persil en pot

Semer

Comme évoqué ci-dessus, le persil peut être semé directement en pleine terre ou en contenant comme dans une plaque de semis, des godets ou alors en mini-mottes. Les graines de persil ont des tégument très coriaces, elles mettent du temps à germer. Pour gagner facilement quelques jours, le trempage de leurs graines est une bonne méthode. Nous allons voir comment procéder.

Le trempage des graines de persil : la bonne méthode

Mettre des graines à tremper, c’est facile ! Semer des graines humides, ça l’est beaucoup moins ! Reprenons la technique depuis le début et voyons comment semer sans être embêté par des graines collantes.

Il faut compter un trempage d’au moins 24 heures pour bien ramollir les téguments des graines. Utiliser de l’eau tiède ou chaude (mais pas brûlante !) améliore cette étape.

Après 24 heures de trempage, vous devriez trouver des graines un peu plus grosses, réhydratées par l’eau. Vous pouvez alors les égoutter à la passoire fine puis les mettre dans une assiette. Étalez-les pour qu’elles puissent sécher ! Pourquoi les mettre à sécher si nous venons de les tremper ?! Non je ne marche pas sur la tête, c’est simplement pour faciliter le semis. Rassurez-vous, les téguments se sont ramollis avec le trempage et faire sécher vos graines à sécher ne va annuler l’opération. Une fois qu’elles sont sèches et facilement manipulables, vous n’avez plus qu’à semer. N’attendez toutefois pas plusieurs jours avant de semer.

Trempage des graines de persil

Trempage de graines de persil avant de semer – © Aurélien Gourmelen

Quand semer le persil ?

Le persil se sème de mars à août, voire jusqu’en septembre dans le Midi. Le semis de persil peut être échelonné en deux fois dans l’année.

Vous pouvez ainsi effectuer un semis au début du printemps pour avoir des récoltes dès la fin du printemps. Puis faites un second semis en août pour avoir des récoltes hivernales. Voir-ci dessous, le paragraphe ‘comment avoir du persil en hiver’.

Comment semer le persil en motte ou en contenant ?

  1. Faites tremper puis sécher les graines comme vu précédemment ;
  2. préparez vos mini-mottes ou remplissez vos godets de terreau de semis, faites un trou central de 5 mm ;
  3. semez de 3 à 4 graines par motte ou godet puis rebouchez avec du terreau ;
  4. arrosez par pulvérisation et bassinage ;
  5. disposez vos semis a un endroit lumineux et chaud (20 °C).

Comment semer le persil en pleine terre ?

  1. Faites tremper puis sécher les graines comme vu précédemment ;
  2. préparez des sillons profonds d’un centimètre et distants de 25 à 30 cm ;
  3. semez assez dense, il vaut mieux éclaircir par la suite plutôt que d’avoir un semis clairsemé ;
  4. recouvrez de terreau ou de terre le sillon puis plomber le semis ;
  5. arrosez généreusement en pluie fine.

Il faut ensuite veiller à arroser très régulièrement jusqu’à la levée. Lorsque les plants mesurent 5 cm de haut vous pouvez effectuer un éclaircissage pour laisser un plant tous les 7 – 8 cm. Si besoin éclaircir également par la suite.

Planter du persil

Vos plants produits en mini-mottes, en godets ou en plaque de semis sont prêts à rejoindre le potager ? Comme nous l’avons vu précédemment, le persil a besoin d’une terre fertile pour bien pousser. En terre pauvre le persil va rester chétif et les feuilles extérieures vont jaunir plus rapidement.  Il convient donc d’apporter du compost mûr ou du fumier bien décomposé avant la plantation. L’emplacement doit aussi être lumineux et recevoir au moins 5 heures de soleil dans la journée.

Les variétés à feuillage frisé ont un développement plus modeste que les variétés à feuillage plat. Ces dernières sont donc à planter tous les 25 – 30 cm alors que les premières peuvent êtres plantées tous les 20 cm.

Plantez en utilisant un transplantoir ou simplement les mains selon votre terre. N’enterrez pas le collet ni la tige et bornez bien autour de la motte pour que les plants reprennent mieux. Arrosez généreusement et paillez pour maintenir le sol frais.

Vous pouvez aussi planter du persil dans une jardinière d’aromatiques. Pour le trio de base du cuisinier, associez le persil au basilic et à la ciboulette.

L’entretien du persil

Pour bien réussir la culture du persil, rafraichissez vos plants en supprimant les tiges extérieures qui fanent, qui jaunissent ou se décolorent.

Le persil n’aime pas les fortes chaleurs et le manque de fraicheur de la terre durant l’été. Maintenez la terre fraiche en arrosant plus régulièrement durant cette période et entretenez le paillis. Si le persil manque de vigueur, écartez le paillis, puis apportez du compost mûr que vous incorporez superficiellement à la terre avec une griffe. Arrosez, puis remettez en place le paillis.

A l’approche des gelées, protégez vos plants du froid en plaçant un voile d’hivernage sur vos plants.

Récolter le persil

Le persil peut être récolté dès que la plante atteint 15 cm de haut. Récoltez les plus grandes feuilles des pétioles les plus à l’extérieur du plant. Il faut veiller à conserver la pousse centrale. Ne prélevez pas simplement les feuilles mais coupez les pétioles à leur base. Ceci est important pour que le persil puisse repousser correctement.

La seconde année de culture, le persil va monter en fleurs et les feuilles deviennent plus fermes. Il est possible de supprimer ces axes floraux pour en récolter plus longtemps. Mais il est possible aussi de laisser les plus beaux plants monter à graines afin d’en récolter les semences en été. De plus, les fleurs des Apiacées attirent de nombreux insectes au jardin, dont des auxiliaires, utiles pour réguler les ravageurs du potager.

Récolte du persil frisé

Comment conserver le persil coupé ?

Il est préférable de récolter cette condimentaire au fur et à mesure des besoins. Cependant si on en récolte trop, un bouquet de persil se conserve très bien dans un verre d’eau renouvelé quotidiennement. Il faut veiller à ce que les feuilles ne soient pas en contact avec l’eau, mais uniquement les pétioles. Une feuille dans l’eau pourrit rapidement et dégrade en même temps les pétioles. Les pétioles seuls dans l’eau se conservent plus longtemps. Lors de vos récoltes il faut donc veiller à couper le plus bas possible. Le persil peut se conserver ainsi jusqu’à une semaine, ensuite il jaunit et perd ses qualités nutritionnelles.

Éviter les récoltes sauvages de persil

La ciguë et l’œnanthe safranée font partie de la même famille des Apiacées et peuvent être confondues avec le persil. Évidement ces deux plantes sont toxiques et même mortelles ! L’œnanthe safranée peut surtout être confondue avec le persil tubéreux. Il y a quelques années à Nantes, une personne ayant confondu les deux plantes est malheureusement décédée après avoir ingéré des racines de cette plante. Si vous n’êtes pas un botaniste aguerri, la culture du persil est donc de rigueur.

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réussir culture de persil