Association de framboisier et soucis officinal

Associations de fruitiers, petits fruits, fleurs et aromatiques : bilan des essais

En 2013, j’avais présenté huit associations de plantes que je souhaitais tester au potager et au verger bio. Après plusieurs mois d’observation, voici la seconde partie du bilan, consacrée cette fois aux fruitiers, aux petits fruits, aux fleurs et aux plantes aromatiques.

Dans cet article, je reviens sur cinq associations : poirier-capucine-menthe, groseillier-ciboulette, fraisier-bourrache, framboisier-souci et vigne-origan. Certaines ont montré un intérêt rapide, notamment pour attirer les insectes ou couvrir le sol. D’autres demandent davantage de recul, car les effets recherchés sur les maladies ou les ravageurs ne peuvent pas être confirmés en une seule saison.

Ce bilan reste donc un retour d’expérience personnel, réalisé dans mes conditions de culture en 2013. Il ne faut pas le lire comme une preuve définitive, mais comme une base d’observation pour mieux tester ces associations dans votre propre jardin.

Pour replacer cet essai dans son contexte, vous pouvez lire l’article de départ consacré aux 8 associations de plantes testées au potager et au verger bio. La première partie du bilan, consacrée aux légumes, fleurs et aromatiques, est également disponible.

Soucis et framboisiers, une des associations testées

Ce que peuvent apporter ces associations au jardin

Associer des fruitiers, des petits fruits, des fleurs et des aromatiques peut rendre le jardin plus vivant et plus équilibré. Les effets les plus visibles concernent souvent la couverture du sol, l’attraction des pollinisateurs, la présence d’auxiliaires et la diversification des abords des cultures.

Les effets sur les maladies ou les ravageurs sont plus difficiles à vérifier. Ils dépendent du contexte : âge des plantes, météo, pression des ravageurs, biodiversité déjà présente, sol, exposition et conduite du jardin. C’est pour cette raison que je préfère parler ici d’observations et de pistes à tester, plutôt que de résultats garantis.

Pour commencer voici un tableau récapitulatif des associations testées cette année, de l’effet recherché et de mon appréciation pour chacune d’elle.

"Association testée"Effets recherchésRésultat observé en 2013Mon appréciationCe que je referais différemment
Poirier, capucine et mentheCouvrir le sol au pied des poiriers ; attirer des insectes utiles ; observer un éventuel effet sur les ravageurs.La menthe poivrée s’est bien installée et sa floraison a attiré des insectes auxiliaires, notamment des mouches tachinaires. Les capucines se sont peu développées en été, puis mieux en automne.Association intéressante pour la biodiversité, mais effet protecteur difficile à apprécier la première année.Installer les capucines plus tôt, laisser les graines se ressemer et compléter avec des actions plus globales, comme l’installation de nichoirs pour favoriser les mésanges.
Groseillier et cibouletteDiversifier le pied des groseilliers ; tester un éventuel effet sur la rouille.Aucune rouille observée, mais sans témoin il est impossible de dire si la ciboulette a joué un rôle. Les deux plantes se sont bien développées ensemble.Association compatible et facile, mais effet anti-rouille non démontré.Continuer l’observation sur plusieurs années et comparer, si possible, avec des groseilliers sans ciboulette.
Fraisier et bourracheAttirer davantage de pollinisateurs près des fraisiers ; favoriser la formation de fruits réguliers.La bourrache a attiré de nombreux pollinisateurs, mais son développement important a fini par couvrir une partie des fraisiers. Les fraises étaient globalement bien formées.Association intéressante pour les pollinisateurs, mais trop concurrentielle si la bourrache est trop proche des fraisiers.Placer la bourrache en bordure ou créer une bande fleurie à proximité plutôt que dans la fraiseraie.
Framboisier et souciDiversifier le pied des framboisiers ; attirer des insectes utiles ; observer un éventuel effet sur le dessèchement des rameaux.Quelques rameaux desséchés ont été coupés après la première fructification, puis aucun nouveau dessèchement important n’a été observé après la seconde. Les soucis se sont bien développés.Association intéressante et facile à maintenir, mais l’effet sur le dessèchement reste à confirmer.Garder le souci comme plante de biodiversité au pied des framboisiers, tout en continuant à aérer les cannes et supprimer les rameaux atteints.
Vigne et origanCouvrir le sol au pied de la vigne ; attirer des insectes ; tester un éventuel effet sur certains ravageurs.L’origan s’est installé lentement. La vigne a tout de même présenté de l’érinose, un peu de black rot et probablement de la pourriture grise.Association prometteuse comme couvre-sol aromatique, mais aucun effet protecteur ne peut être conclu la première année.Laisser l’origan s’installer, diviser les touffes pour couvrir davantage le sol, et compléter avec des soins spécifiques à la vigne.

Poirier, capucine et menthe

Indications de culture

Pour cet essai, j’ai associé plusieurs jeunes poiriers avec des plantes aromatiques et fleuries :

  • deux poiriers ‘Conférence’ et deux poiriers ‘William’ ;
  • de la menthe des cerfs, Preslia cervina, et de la menthe poivrée, Mentha piperita ;
  • de la capucine, Tropaeolum majus.

Les capucines et les menthes ont été transplantées au mois de juin à proximité des poiriers. J’ai aussi apporté régulièrement du paillis au pied des arbres, avec des restes de culture et des adventices coupées.

L’objectif était double : couvrir le sol autour des poiriers et attirer davantage d’insectes utiles, notamment grâce à la floraison des menthes et des capucines.

Observations

Une assez bonne proportion de poires est arrivée saine à maturité. Les poires véreuses sont tombées naturellement en cours de saison, ce qui a joué comme un éclaircissage naturel.

Les plantes associées n’ont pas toutes réagi de la même façon. Les capucines et la menthe des cerfs se sont peu développées pendant l’été. La menthe poivrée, en revanche, s’est bien installée. Lors de sa floraison, elle a attiré de nombreux insectes, notamment des mouches tachinaires, des auxiliaires intéressants au jardin.

Cette observation est positive, mais elle ne permet pas de conclure que l’association a directement protégé les poires. Pour les fruitiers, une seule saison reste bien trop courte pour juger précisément l’effet d’une plante compagne sur les ravageurs.

Bilan et perspectives

Cette association entre fruitiers, aromatiques et fleurs reste difficile à apprécier dès la première année. Les poiriers sont des plantes pérennes, et les équilibres autour de leur pied se construisent dans le temps. En 2013, la menthe poivrée s’est révélée plus vigoureuse que la menthe des cerfs, et sa floraison a attiré de nombreux insectes utiles. C’est un point positif, même si cela ne permet pas d’affirmer que les poires ont été directement protégées par cette association.

Le principal bémol vient du calendrier. La floraison de la menthe arrive assez tard dans la saison. Elle peut donc favoriser les auxiliaires, mais elle ne suffit pas forcément à limiter les attaques plus précoces de certains ravageurs du poirier, comme le carpocapse. Pour ce type de ravageur, il faut raisonner plus largement : ramasser les fruits véreux tombés au sol, favoriser les oiseaux insectivores, maintenir une diversité de plantes autour du verger et installer, si possible, des nichoirs adaptés aux mésanges.

Concernant les capucines, l’effet couvre-sol n’a pas vraiment fonctionné pendant l’été. Elles ont commencé à mieux se développer seulement à l’automne. Le sol couvert de BRF semble aussi leur convenir moyennement : dans ces conditions, la levée et l’installation peuvent être plus difficiles. Il peut être préférable de les laisser se ressemer naturellement dans les zones où elles réussissent, plutôt que de compter sur elles comme couvre-sol principal au pied des poiriers.

Avec le recul, j’ai fait évoluer ces associations vers une strate basse plus diversifiée autour des fruitiers. Sur certains poiriers, j’ai ajouté ou conservé des plantes comme l’absinthe, la pimprenelle, la luzerne, la rue ou la lavande. L’objectif n’est plus seulement de “protéger” le poirier, mais de créer un pied d’arbre plus vivant : sol couvert, floraisons étalées, refuges pour les insectes et meilleure occupation de l’espace.

La luzerne m’intéresse aussi pour son rôle de légumineuse vivace. Elle peut contribuer à enrichir progressivement le système, surtout si sa biomasse est fauchée et laissée sur place. Là encore, il ne faut pas l’imaginer comme un apport d’azote immédiat pour le poirier, mais plutôt comme une plante utile dans une dynamique longue de fertilité et de couverture du sol.

Cette évolution me semble plus intéressante qu’une association figée capucine-menthe-poirier. Autour des fruitiers, les associations les plus pertinentes sont souvent celles qui s’installent sur plusieurs années, se ressèment, se complètent et demandent peu d’entretien. Il faut simplement surveiller la concurrence au pied de l’arbre, surtout lorsque les fruitiers sont jeunes, et éviter que les plantes vivaces les plus vigoureuses ne prennent trop le dessus.

Groseillier à maquereau et ciboulette

Indications de culture

Pour cet essai, j’ai associé :

  • des groseilliers à maquereau ;
  • de la ciboulette, Allium schoenoprasum.

Les groseilliers ont été plantés dans l’année, puis les ciboulettes ont été installées à proximité de leur pied. L’objectif était de tester cette association souvent citée entre petits fruits et alliacées, en observant notamment si la ciboulette pouvait avoir un effet sur la rouille du groseillier.

Observations

Je n’ai pas observé de rouille sur les groseilliers cette année-là. Les deux plantes se sont développées correctement, sans concurrence visible : les groseilliers ont poursuivi leur croissance et la ciboulette s’est installée sans gêner les arbustes.

L’association est aussi assez pratique, car la ciboulette reste basse et peut occuper le pied des petits fruits sans prendre trop de place. Le seul point un peu désagréable concerne la récolte : avec des groseilliers à maquereau, il faut simplement faire attention aux épines lorsqu’on coupe la ciboulette.

Bilan et perspectives

Le fait de ne pas avoir observé de rouille ne permet pas de conclure que la ciboulette a protégé les groseilliers. Pour le vérifier sérieusement, il aurait fallu comparer deux situations proches : des groseilliers de même variété avec ciboulette, et d’autres sans ciboulette, dans les mêmes conditions de culture.

Je garde donc cette association comme une piste intéressante, mais pas comme une solution démontrée contre la rouille. Son intérêt le plus sûr est ailleurs : diversifier le pied des petits fruits, installer une plante aromatique utile, garder une strate basse peu concurrentielle et favoriser un environnement moins nu autour des arbustes.

Avec davantage de recul, je chercherais surtout à bien répartir la ciboulette autour des groseilliers, en divisant les touffes lorsqu’elles deviennent assez fortes. Cela permettrait d’obtenir une bordure plus régulière, sans étouffer le pied des arbustes.

En cas de rouille, les gestes de base restent prioritaires : maintenir des groseilliers bien aérés, éviter les excès d’humidité stagnante, retirer les feuilles très atteintes si nécessaire et garder des arbustes vigoureux. La ciboulette peut accompagner cette logique, mais elle ne doit pas être considérée comme un traitement.

Groseilles à maturité sur un groseillier à maquereaux
Groseillier à maquereau en fruits. L’association avec la ciboulette reste intéressante à observer, mais ne permet pas à elle seule de conclure sur la prévention de la rouille.

Fraisier et bourrache

Indications de culture

Pour cet essai, j’ai associé :

  • des fraisiers, variétés ‘Charlotte’ et ‘Mara des Bois’ ;
  • de la bourrache, Borago officinalis.

Les bourraches ont été plantées tous les 1,50 m environ sur la plate-bande de fraisiers. L’objectif était d’attirer davantage de pollinisateurs près des fraisiers, afin de favoriser une bonne fécondation des fleurs et d’obtenir des fruits bien formés.

Observations

La bourrache a très bien joué son rôle de plante mellifère. J’ai observé de nombreux pollinisateurs sur ses fleurs : bourdons, abeilles, syrphes, ainsi qu’une jeune mante religieuse dans la végétation. C’est une plante très intéressante au potager, mais son développement peut devenir important. Pour en savoir plus sur sa culture, ses usages et sa place parmi les plantes compagnes, vous pouvez consulter l’article consacré à la bourrache.

Les fraises étaient en grande proportion bien formées, ce qui laisse penser que l’activité des pollinisateurs était suffisante autour de la plate-bande. Les insectes attirés par la bourrache ne semblaient pas détourner complètement leur attention des fleurs de fraisiers.

Le point faible vient du développement de la bourrache. C’est une plante qui prend facilement beaucoup du volume, au point de couvrir peu à peu une partie des fraisiers. L’association est donc intéressante pour attirer les pollinisateurs, mais elle peut devenir gênante si la bourrache est implantée trop près ou en trop grand nombre.

La bourrache attire les insectes pollinisateurs près des fraisiers
La bourrache attire les insectes pollinisateurs près des fraisiers

Bilan et perspectives

L’association fraisier-bourrache est intéressante, mais je ne la referais pas exactement de cette manière. La bourrache attire très bien les insectes, c’est indéniable, mais son développement est trop vigoureux pour être installée directement au milieu d’une fraiseraie, surtout si l’on veut garder des plants de fraisiers bien aérés et faciles à récolter.

À l’avenir, je placerais plutôt la bourrache en bordure de la plate-bande, ou dans une petite zone fleurie voisine. Cela permettrait de profiter de son attractivité pour les pollinisateurs sans qu’elle vienne concurrencer les fraisiers pour la lumière et l’espace.

Une autre solution serait de créer une bande fleurie plus diversifiée à côté des fraisiers, avec plusieurs espèces aux floraisons étalées. Ce serait probablement plus efficace sur la durée, notamment pour les variétés remontantes comme ‘Charlotte’ et ‘Mara des Bois’, qui produisent des fleurs pendant une longue période.

Pour associer les fraisiers à d’autres petits fruits, une autre piste intéressante consiste à les installer au pied des framboisiers. Les fraisiers jouent alors le rôle de couvre-sol, tandis que les framboisiers apportent une strate verticale et une légère ombre. J’ai développé cette idée dans l’article consacré à l’association entre fraisiers et framboisiers.

Framboisier et souci

Indications de culture

Pour cet essai, j’ai associé :

  • des framboisiers remontants, variété non identifiée ;
  • du souci officinal, Calendula officinalis.

Les framboisiers et les soucis ont été plantés au printemps 2013. L’objectif était de diversifier le pied des framboisiers, d’attirer des insectes utiles et d’observer si la présence de soucis pouvait accompagner une meilleure santé des cannes.

Observations

Après la première fructification, j’ai coupé quelques rameaux de framboisiers desséchés. En revanche, après la seconde fructification, je n’ai pas observé de nouveau dessèchement marqué des rameaux.

Les soucis se sont fortement développés autour des framboisiers. Ils ont bien occupé l’espace au pied des cannes et ont apporté une floraison longue, favorable aux insectes. L’association était donc intéressante visuellement et écologiquement, avec une strate basse fleurie autour des petits fruits.

Bilan et perspectives

Pour une première année, cette association m’a paru intéressante. Je resterais toutefois prudent : le fait de ne pas avoir observé de dessèchement important après la seconde fructification ne permet pas de conclure que les soucis ont protégé les framboisiers. Le dessèchement des rameaux peut dépendre de nombreux facteurs : vigueur des plants, humidité, aération, taille, âge des cannes ou présence de champignons pathogènes.

Le souci reste malgré tout une plante facile à intégrer au pied des framboisiers. Il fleurit longtemps, attire des insectes utiles, se ressème facilement et s’arrache sans difficulté lorsqu’il devient trop présent. Les plants retirés peuvent être déposés en paillis ou ajoutés au compost.

Son aspect en fin de floraison, lorsqu’il monte en graines, peut sembler moins esthétique dans un jardin très ordonné. Mais au potager bio, c’est aussi un avantage : les graines assurent souvent le renouvellement naturel des plants, sans avoir besoin de ressemer chaque année.

À l’avenir, je garderais donc le souci comme plante de biodiversité au pied des framboisiers, tout en continuant à bien aérer les cannes, supprimer les rameaux secs et éviter que la végétation ne devienne trop dense autour des pieds.

Les framboisiers sont bien entourés de soucis
Les framboisiers sont bien entourés de soucis

Vigne et origan

Indications de culture

Pour cet essai, j’ai associé :

  • de la vigne ‘Chasselas’ ;
  • de l’origan commun ‘Compactum’, Origanum vulgare.

Les plants d’origan ont été installés à proximité des pieds de vigne. La variété ‘Compactum’ a été choisie pour son port plus bas et plus dense, intéressant pour obtenir progressivement un effet couvre-sol.

L’objectif était de tester une plante aromatique vivace au pied de la vigne, à la fois pour couvrir le sol, attirer des insectes lors de la floraison et observer un éventuel effet sur certains ravageurs.

Observations

La première année, l’origan s’est développé tranquillement au pied des vignes, sans occuper immédiatement tout l’espace. C’est une plante qui demande un peu de temps pour bien s’installer, surtout si l’on cherche un véritable effet couvre-sol.

Les vignes, de leur côté, ont été assez sensibles aux acariens en début de saison, avec de l’érinose visible sur le feuillage. Les grappes ont également présenté un peu de black rot et très probablement de la pourriture grise.

Ces observations montrent bien qu’il ne faut pas attendre d’une plante compagne qu’elle règle à elle seule les problèmes sanitaires de la vigne. L’origan peut participer à un environnement plus diversifié, mais il ne remplace pas l’observation, l’aération du feuillage et les soins propres à la vigne.

La comparaison avec les années suivantes est intéressante. La première année, les plants commencent seulement à s’installer au pied des ceps. En 2016, l’origan occupe beaucoup mieux l’espace et forme un couvre-sol plus dense. Son intérêt le plus visible est donc ici la couverture du sol, plus que la protection directe contre les maladies ou les ravageurs.

Plants d'origan auprès du pied de vigne - associations de fruitiers et d'aromatiques
Première année de l’association vigne-origan : les plants commencent à s’installer au pied des ceps, avant de former un couvre-sol plus dense les années suivantes.
Vigne avec origan installé en couvre-sol au pied des ceps
En 2016, l’origan occupe bien l’espace au pied de la vigne. Son intérêt le plus visible reste ici le couvre-sol, plus que la protection directe contre les maladies ou ravageurs.

Bilan et perspectives

Avec le recul, cette association me paraît surtout pertinente comme couvre-sol aromatique au pied de la vigne. L’origan est adapté aux situations chaudes, ensoleillées et plutôt drainées. Une fois installé, il occupe le sol, apporte de la diversité et offre une floraison attractive pour de nombreux insectes.

En revanche, je resterais prudent sur l’idée qu’il puisse repousser efficacement les ravageurs de la vigne ou limiter les maladies. La première année, je n’ai pas observé d’effet protecteur net. Et même plusieurs années après, son intérêt principal reste d’abord écologique et pratique : couvrir le sol, fleurir, structurer le pied de vigne et limiter les zones nues.

À l’avenir, je laisserais donc l’origan s’installer progressivement, puis je diviserais les touffes pour obtenir une couverture plus régulière au pied des ceps. Il faut toutefois garder un accès facile au pied de vigne pour surveiller l’état du sol, arroser si besoin, tailler et observer les premiers signes de maladies.

Cette association peut devenir très agréable visuellement et utile dans une logique de verger diversifié. Mais pour obtenir de beaux raisins, elle doit rester un complément : la vigne demande toujours des soins spécifiques, notamment sur l’aération, la maîtrise de la vigueur et la surveillance des maladies selon les conditions de l’année.

Conclusion sur ces associations autour des fruitiers

Ce bilan confirme qu’il faut davantage de temps pour juger les associations autour des fruitiers que celles du potager annuel. Les arbres, les petits fruits et les plantes vivaces s’installent sur plusieurs années. Certaines associations peuvent donc sembler modestes la première saison, puis devenir plus intéressantes une fois les plantes bien implantées.

C’est particulièrement visible avec l’origan au pied de la vigne : son effet couvre-sol reste limité au départ, mais devient beaucoup plus net avec le temps. À l’inverse, la bourrache montre rapidement son intérêt pour les pollinisateurs, mais son développement peut devenir trop important au milieu d’une fraiseraie.

Parmi ces essais, je retiens surtout l’intérêt de diversifier le pied des fruitiers et petits fruits : couvrir le sol, attirer des insectes, installer des floraisons étalées et créer un environnement plus vivant. En revanche, je resterais prudent sur les effets directs contre les maladies ou les ravageurs. Sans témoin et sans observation sur plusieurs années, il est difficile d’affirmer qu’une plante compagne protège réellement un arbre ou un arbuste.

Avec le recul, je vois donc ces associations comme des pistes d’aménagement à tester et à ajuster, plutôt que comme des recettes garanties. Autour des fruitiers, les meilleurs résultats viennent souvent d’un ensemble de pratiques : sol couvert, diversité végétale, observation régulière, taille adaptée, suppression des fruits ou rameaux atteints si besoin, et accueil des auxiliaires.

Pour compléter ce bilan, vous pouvez relire l’article de départ consacré aux 8 associations de plantes testées au potager et au verger bio, ainsi que la première partie du bilan sur les associations entre légumes, fleurs et aromatiques. Et pour une vue plus large, culture par culture, consultez aussi le tableau complet des plantes compagnes au potager bio.

Conclusion sur les associations

Comme je l’ai indiqué a quelques reprises dans les deux articles, certaines associations sont trop jeunes pour pouvoir être appréciées à leur juste valeur. Les plantes vivaces vont s’acclimater et s’entraider sur plusieurs années, ou au contraire se nuire et développer ce qu’on appelle un effet allélopathique entrainant le mauvais développement de certaines plantes. Mais, comme nous avons pu le voir, des effets positifs peuvent être rapidement observables sur les cultures, ce qui je l’espère vous donnera l’envie de tester et rechercher des associations de fruitiers et petits fruits dans votre jardin. Pour aller plus loin sur le sujet, je vous invitez à consulter le tableau général des cultures associées du potager.

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28 commentaires

  1. Bonsoir Aurélien,

    Meilleurs voeux à toi et tes lecteurs pour cette nouvelle année !

    Tes expérimentations sont, comme toujours, très intéressantes. Je les suis toujours avec plaisir et j’attends avec impatience les observations complémentaires que tu feras l’année prochaine (pardon, cette année…).

    Amitiés,
    Gilles

    1. Bonjour Gilles,

      Meilleurs vœux à toi aussi, ainsi qu’à mes lecteurs également ;) !

      Et merci pour tes commentaires toujours aussi encourageants !
      Je ferais très probablement de nouvelles observations cette année, avec un nouvel appareil photo !

      Amitiés,
      Aurélien

  2. Bonjour Aurélien
    Superbe article! Bien détaillé, je testerai les framboisiers et les soucis cette année.
    Je te propose l’association suivante : betteraves et haricots nains. Celle-ci a été constatée par hasard une année ou un rang d’haricots vert était à angle droit avec les betteraves. Les pieds à proximité étaient bien plus productif que les autres de la même variété.
    Plusieurs années d’affilées j’ai fait le même constat. Maintenant je sème un rang d’haricot puis un rang de betteraves. Hasard ou pas????
    Tu pourrais essayer cette association pour la vérifier.
    Cette année autre test : les alysses ( lobularia maritima)aux pieds de tous les fruitiers. Elles répond aux critères suivants : bon couvre sol, plus de 30 jours de floraison,attire les syrphe qui j’espère dévoreront tous les pucerons ( mon fléau).
    Les semis vont débuter dans la serre.
    A bientôt et bonne continuation.
    Merlette
    http://www.ruedesmerles.com

    1. Bonjour Merlette,
      Merci pour ton commentaire,
      Je n’ai jamais testé cette association betterave haricot, ni par volonté ni par le hasard si mes souvenirs sont bons. Je vais de ce pas tenter de la caler dans le plan de mon potager ! Dans le livre dont je parle dans à la fin de cet article (plantes compagnes au potager bio) cette association est classée dans « associations défavorable à confirmer », et « des essais sont nécessaires ». Alors c’est parti pour un petit essai qui semble à priori prometteur ! Je vais aussi regarder de plus près votre seconde association avec les alysses.
      Bonne journée et à bientôt,
      Aurélien

  3. Bonjour Aurélen,
    le livre dont tu parles fait partie de mes lectures depuis près de 4 ans.
    Nous ne devons pas avoir la même édition car pour moi page 111 « betteraves » « associations favorables ou défavorables selon les cas ».Et sous « haricot » : association à tester : »bette, betterave….. ».
    Je n’avais pas encore ce livre lorsque j’ai commencé les associations. Je me fiais à ce que m’ont appris mon père et grand père qui jardinaient déjà de cette façon et ce depuis des décennies, le mot « bio » n’existait même pas mais ils jardinaient sans engrais, sans pesticides…Belles époques!!! Mais nous y reviendrons.
    A bientôt.
    Merlette
    http://www.ruedesmerles.com

    1. Bonjour,
      Oups ! J’ai sauté une ligne !
      En effet betterave / haricot : « associations favorables ou défavorables selon les cas »

      A bientôt,
      Aurélien

  4. Salut Aurélien,

    Merci de nous faire partager les résultats de ces expérimentations méthodiques.

    J’ai lu quelque part l’intérêt de l’association fruitier (dont poirier) – Menthe poivrée – Lavande.

    Je vais tester ça cette année, d’autant que tu nous confirmes ici certains avantages de la menthe qui selon ce que j’ai lu repousse également les fourmis qui sont un réel problème pour mes jeunes plants.
    …à suivre

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  6. Salut salut Aurélien, et merci pour ces partages !

    Aurais-tu des nouvelles des associations testées après ces quelques années ?
    Je suis particulièrement curieux de la vigne-origan !

    Je travaille dans un vignoble qui est passé en bio il y a peu et a du mal avec le mildiou notamment; du coup à la recherche de plantes de couverture sous la vigne qui pourraient avoir un effet allopathique sur le mildiou, (sûrement plus au moment de la germination des spores hivernés dans les feuilles mortes, à vue de nez)

    Encore merci à toi !

    Bonne continuation,

    Loïc

    1. Bonjour Loïc,
      Je suis plutôt satisfait de cette association vigne/origan, car l’origan a un effet couvre sol rampant (il ne dépasse pas 15cm de haut, attention de bien choisir la variété)
      Il limite le désherbage sur le rang et je suis convaincu qu’il diffuse ses bonnes molécules dans le sol et dans l’air. Après je ne peux pas te confirmer que l’origan à un effet contre le mildiou, car j’en retrouve chaque année. Mais il faut remettre mes expériences dans le contexte, mon potager est dans un jardin familial, ou la pression des ravageurs et des maladies est élevée. Comme il n’y a pas de régulation systématique les maladies se propagent sans difficulté.
      Par ailleurs l’origan n’a à priori pas d’effet négatif sur la végétation de la vigne ni sur la qualité du raisin.
      Quant à la concurrence ? Je ne sais pas, mais je ne pense pas qu’elle soit très importante sur le rendement, je la vois même bénéfique en été pour concentrer le jus des raisins. Mais à voir ce que le viticulteur recherche…
      Un inconvénient est que la pousse de l’origan est lente, au bout de 3 années il atteint une taille intéressante qui couvre bien le sol.

      Concernant la germination des spores hivernées dans les feuilles mortes, je pense que la clé est dans la fertilité du sol. Un sol biologiquement actif va réguler plus facilement les maladies (concurrence des micro-organismes, intervention de la faune etc…). Voit éventuellement du côté du BRF en broyant les sarments de taille, ce qui va aussi limiter l’érosion dans le temps. Et bien entendu, l’utilisation des couverts végétaux.
      Merci et bonne continuation également,
      Aurélien

  7. Bonjour Aurélien,

    Votre article est très intéressant! Auriez vous des conseils d’association avec le cerisier (principalement pour le protéger du puceron noir qui l’envahi et l’empeche de se developper)?

  8. Bonjour, connaissez vous quelles sont les autres plantes (à part l’origan) nottament alimentaires, qui pourraient se marier avec la vigne.

    Merci à vous et chapeau pour ce site, c’est super intéressant et utile, notamment pour la culture biologique.

  9. Ce tableau est très intéressant.
    Cependant, il serait bon de le compléter par un autre traitant de l’incompatibilité de voisinage ou de terres où ont été cultivées d’autres plantes.
    Merci si cela vous est possible ou si vous connaissez une étude de la sorte de nous la faire connaitre.
    Claude Morgan

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